Milly Vodovic / N. Rugani. - MeMo, 2018. - (Grande Polynie)

« Même si elle aspirait à être tout, elle demeurait coincée dans le regard des autres. » Milly a 12 ans et voudrait s’inventer à l'infini mais à Birdtown, il faut rester à sa place. A sa place d’immigrée slovaque dans une ville raciste, à sa place de fille, à sa place de sœur. Or Milly n'a pas su rester "raisonnable" et a défendu son grand frère Almaz contre Swan, Swan qui « est un poing dans la figure du monde », Swan qui veut faire payer à tous l'agonie de sa mère. Ce simple geste de révolte entraînera une série de drames.
Les enfants sont sacrifiés ici sur l'autel de la haine raciale et de l'injustice, contraints de s'endurcir pour supporter la violence omniprésente. Milly, avec sa sensibilité et sa spontanéité fait figure d’exception, à l'influence magnétique. 
L'écriture de Nastasia Rugani est assez incroyable, si proche de la nature, celle du monde et celle des êtres, décrite dans une immédiateté et une acuité sensorielle. Les monstres et la mort y sont également très présents, toujours plus présents. Mais par la pirouette d'une mise en abîme, l'auteure laisse à l'histoire et à ses personnages, la possibilité de s'écrire autrement, de déjouer l'inclinaison funeste, invitant chacun, personnages et lecteurs à mesurer la responsabilité qui est la leur dans le déroulement des évènements. 
« Rien ne fait sens alors que tout semble lié »
 « Comment font les gens pour porter tous ces gouffres en eux 
sans jamais devenir fou ? »
Voir la notice

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire