Kentucky straight / Christ Offutt. - Gallmeister, 2018. - (Totem)

"-Parfois je me demande ce que je fais ici.
 -Aucun d'entre nous ne sait, j'ai répondu. La plupart des gens, ici, attendent juste de mourir."
Un lieu dans les Appalaches, Etat du Kentucky. Vraiment un trou perdu, de quoi perdre la vue à le chercher sur une carte. Des bicoques éparpillées à flanc de montagne qui ressemblent vaguement à des maisons. Le souvenir déjà flou du temps où il y avait encore de l’activité, les mines de charbon, désormais fermées. Un territoire rendu aux ours, aux panthères, aux coyotes, aux serpents, à la sauvagerie. Celle des hommes aussi. Ils s’adonnent à la boisson, ont le coup de poing facile et peuvent abattre leur chien d’une balle un jour de mauvaise humeur. Les enfants n’ont guère la vie facile non plus. On vit d’expédients, le jardinage, la pêche. Qui veut davantage pourra toujours faire de la contrebande d’alcool ou cultiver un champ de chanvre clandestin à ses risques et périls. Ou encore jouer de l’argent pour gagner plus ou tout perdre du peu que l’on a. Il semble y avoir une absence complète de perspectives et d’espoir, comme si les montagnes enserraient tout et marquaient la frontière du monde. Un monde d’une rudesse extrême. Pourtant, le jeune Junior décide de passe en candidat libre le certificat de fin d’études secondaires et réussit à l’obtenir. Mais il n’a pas l’idée de l’utiliser pour trouver du travail. Et puis il y a Everett qui un beau jour décide : "je pars".
Nouvelle réédition d’un recueil de neuf nouvelles datant de 1992. Le style colle parfaitement à ce qu’il décrit, c’est rude, sec, ciselé, et du coup je l’avoue j’ai beaucoup de mal à me laisser prendre par ce type de littérature. Pourtant c’est un sacré univers, il y a des morceaux de bravoure et j’ai un faible pour la nouvelle Dernier quartier.
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Avis : **

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