Deuils / Eduardo Halfon. - Quai Voltaire, 2018

« Le lac n’était plus le lac bleu sombre de mon enfance, ni le lac idyllique de mon souvenir, mais plutôt une épaisse soupe de pois. » p. 72
Hormis le côté exotique de ses deux grands-pères juifs, l’un libanais, l’autre polonais et rescapé des camps de concentration, et l’installation de la famille au Guatemala, rien de bien extraordinaire dans les souvenirs évoqués par le narrateur. Au moment où la situation politique du pays se détériorait, en 1981, celui-ci a quitté le pays à peine âgé de dix ans pour suivre ses parents aux États-Unis. Revenu sur les lieux de son enfance, il se remémore le passé, le sien, celui de ses grands-parents… Surtout, il se souvient de façon obsessionnelle de l’histoire de son oncle Salomon, le frère de son père, dont il ne reste qu’une vieille photo enfant dans la neige. Il s’interroge sans cesse sur la mort à cinq ans de cet oncle qu’il a toujours cru noyé en 1940 dans le Lac d’Amatitlan, proche de chez eux. Une version qui ne paraît pas cadrer avec la réalité mais y a-t-il une seule réalité tant le mystère et le silence sont grands autour de cette mort. Alors il s’accroche à sa vision fantasmée qui révèle quelque chose d’une souffrance intérieure et de ses propres rapports à son frère et à son enfance. L’écriture concise est en apparence simple mais diablement efficace.

Avis : ***

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