Paris est tout petit / M. Bernard. - Syros, 2018

Inès, issue d'un milieu que l'on dit défavorisé, prépare le bac, vise l'entrée à Science Po et fait quelques heures de ménage chez une famille aisée pour aider sa mère. Scolarité studieuse, heures de travail, le quotidien est réglé sans temps morts. Pourtant, Inès tombe amoureuse du fils aîné de ses employeurs. La différence de classe provoque quelques fois des gênes, des malentendus mais ils se retrouvent surtout autour de la découverte de Paris, que Gabin affectionne presque amoureusement.
L'idylle se heurte aux attentats du Bataclan, durant lesquels la mère de Gabin décèdera. Et c'est une autre faille qui s'immisce dans leur réalité : le fait qu'elle soit musulman.
La narration est assurée par Inès qui ressent avant d'analyser, les émotions y sont donc centrales. Le carcan dans lequel elle se trouvait éclate à la faveur d'un drame qui l'obligera à trouver « un rapport authentique à elle-même ». Si elle ne se pense à l'aune de la société, à savoir hors des « préjugés de sexe, de classe et de religion », qui est-elle, que veut-elle faire de sa vie ?
 « Je ne supporte plus d'avoir à prouver 
que si on donne une chance aux "gamins de banlieue", ils réussissent, 
que si on tend la main aux musulmans, 
ils ne se font pas sauter dans les lieux publics.
 Je ne supporte plus qu'on attende de moi
que je prouve que le « modèle républicain » fonctionne. 
Je n'en peux plus de ces expectatives 
qui m'étouffent et empêchent de réfléchir pour moi-même. »
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