Le Traquet kurde / Jean Rolin. - POL, 2017

Un passereau assez quelconque est photographié en mai 2015 au sommet du puy de Dôme. Il s’agit d’un traquet kurde, un petit oiseau jamais repéré en France auparavant et qu’on ne peut observer qu’en altitude. Le narrateur part alors dans ce qui apparaît comme une longue digression sur les us et coutumes des grands ornithologues britanniques de la première moitié du 20ème siècle, souvent des intrigants. Il s’attarde particulièrement sur Richard Meinertzagen, officier des renseignements et ornithologue britannique de renommée internationale. Le personnage n’est guère sympathique, il vole des spécimens d’oiseaux dans les plus grands musées du monde ou encore dans les collections privées, s’attribue des découvertes qui ne sont pas les siennes, dupe sans arrêt le milieu scientifique, pratique à grande échelle la mégalomanie et la mythomanie. Il est méprisant avec ceux qui sont présumés ses amis comme T.E. Lawrence qu’il fait passer pour un imposteur. Puis nous revenons à notre sujet, la traque du traquet kurde. Le narrateur effectue en mai 2016, en pleine occupation du pays par Daech, une expédition au Nord de l’Irak. Il observe effectivement deux mâles avant d’aller en observer d’autres sur le Mont Nemrut à l’Est de la Turquie, en pleine zone du PKK. Pourquoi cette passion dévorante pour ce modeste oiseau ? Pourquoi cette prise de risque invraisemblable pour en observer quelques-uns ? Est-ce là un roman ? Pourquoi cette fin un peu escamotée après l’aboutissement de cette enquête et de cette quête ? Plus de questions que de réponses pour un livre qui s’annonçait original, qui l’est d’ailleurs, mais néanmoins assez décevant et où Rolin paraîtrait presque aussi égaré que son traquet kurde.
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 Avis : **

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