Les cancres de Rousseau / I. Sané. - Sarbacane, 2017. - (Exprim)

Djirael et sa bande se connaissent depuis toujours, ils s'aiment et se charrient comme des frères. Dans la bande, autrement appelée le komité, il y a la dure intègre, le mytho bavard, la bombe timide, et le clown généreux : « L'association des meufs et des mecs qui n'en ont plus rien à foutre de rien » mais qui mettent un point d'honneur « à rire de la life. » Ils se chambrent, palabrent, avec toujours comme objectif la beauté de la vanne. Djiraël a promis à ses potes une année de terminale grandiose, mémorable, et devenir un délégué des délégués l'y aidera... Son programme officiel ? « La seule chose que j'aie à vous proposer, c'est d'essayer d'être heureux tous ensemble ici, pendant toute une année, et de tenter de réussir tous ensemble. » Officieusement, il avouera à ses potes qu'il espère bien, avec eux, faire quelques bénéfices personnels au passage... Sera-t-il « aussi cynique que les puissants » ou laissera-t-il les valeurs inculquées par sa mère prendre le dessus ?
Djiraël est indéniablement un séducteur, un surdoué qui doit néanmoins « en faire cent fois plus pour obtenir ce que d'autres reçoivent sans effort », parce qu'il est et sera  « toujours l'otage de l'histoire... un maillon sur la longue chaîne de la quête d'identité. »
« Comment réussir à changer le monde quand Dumas et Césaire ont échoué ? » Djiraël a au moins cette « intention de détruire (...) le chacun-pour-soi. »
Insa Sané nous offre un roman rythmé à la langue musicale et joueuse, préambule de ses autres titres déjà parus : Sarcelles-Dakar / Daddy est mort / Du plomb dans le crâne / Gueule de bois
« J'étais ulcéré de ne jamais pouvoir aider les miens faute de pouvoirs ;
de ne jamais réussir à faire entendre ma voix, faute de légitimé ; 
de ne jamais être moi, faute d'être « l'autre ». 
A force d'être faible, issu d'une minorité si invisible, 
je n'avais aucun moyen de hurler contre l’injustice.  »

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