Jusqu'ici tout va bien / G. D. Schmidt. - Ecole des loisirs, 2017. - (Médium)

Doug déteste Marysville, il déteste avoir déménagé loin de son champion de baseball préféré, dans un trou à rat. Et il le répète a l'envi ! Il raconte son quotidien : un père violent et négatif par principe, un frère hostile, un autre à la guerre... La vie n'est pas rose mais Doug se raccroche au sourire de sa mère, rare mais lumineux, ou aux dessins d'oiseaux de John James Audubon découverts à la bibliothèque. Lorsqu'il évoque ces deux joies, tranchant radicalement avec sa désinvolture insolente habituelle, son plaisir est puissamment communicatif. A Marysville, qu'il déteste peut-être finalement de moins en moins, il se prend à éprouver du plaisir auprès des habitants qui voient en lui des possibles qu'il ignorait : il se découvre donc doué pour le dessin, serviable, amateur de littérature, que d'horizons tout à coup !
Tout l'enjeu de ce roman finalement très quotidien réside donc dans le devenir de Doug. Il donne le meilleur de lui-même et on mesure tout son potentiel. Mais avec un père aussi violent, un environnement aussi lourd, peut-il espérer échapper à l'atavisme ? Jusqu'ici, tout va bien
Doug est un narrateur qui interpelle beaucoup ses lecteurs. Qui dit les choses avec pudeur aussi, nous laissant deviner ce qui l'embarrasse, ce qui le bouleverse trop pour être formuler frontalement. Ses expressions fétiches reviennent un peu trop souvent et la fin sonne un peu hollywoodienne mais après tout l'homme s'apprête bien à marcher sur la lune en cette année 1969 alors comment ne pas croire en l'impossible ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire