Titan noir / F. Aubry. - Rouergue, 2018. - (DoAdo)

Elfie raconte son travail au parc océanographique, d'abord caissière, animalière, puis dresseuse d'orques. D'abord insensible à leur sort, puis fière de son travail, enfin « de plus en plus en... désaccord », à mesure que les "objets" se révèlent à ses yeux comme des êtres vivants. La culpabilité est d'ailleurs ici une formidable motivation pour s'amender et réparer les injustices.
En parallèle, il y a ce narrateur mystérieux, écriture blanche sur pages noires, qui lui est d'emblée au plus près de la détresse des animaux, leur solitude, leur souffrance d'être ainsi enfermés en dépit de leurs besoins et conditionnés pour le même sempiternel spectacle avilissant, par le « chantage à la faim ».
Certains passages sont très éprouvants : les souffrances des animaux, de la capture à la vie d’assujettissement ; d'autres écœurants : le cynisme des gérants qui n'envisagent la vie des animaux et des employés qu'en terme de rentabilité, avec son lot de mensonges pour travestir une réalité insoutenable. La tonalité d’ensemble reste tournée vers l'espoir : puissions-nous comprendre, comme le narrateur mystérieux, que nous faisons « partie d'un tout harmonieux et sensible. »
A noter que l'histoire s'inspire de celle de Tilikum tristement célèbre pour avoir tué par 3 fois, mort en captivité. Et de celles, plus invisibles, des innombrables autres animaux victimes de l'aveuglement présomptueux des êtres humains.
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