Monarques / Philippe Rahmy. - La Table ronde, 2017. - (Vermillon)

« Voilà, ce qu’il m’est donné de faire, traduire le silence qui survit à la disparition des corps. » p. 105
Un livre au caractère manifestement autobiographique. Le narrateur est né d’un père musulman et d’une mère luthérienne. En creusant un peu du côté de sa mère, il est même le petit-fils d’un médecin nazi et d’une juive convertie au protestantisme. Il tente ici de démêler l’écheveau de la geste familiale. Vient se greffer là-dessus une fascination pour le jeune Herschel Grynszpan, ce polonais juif qui assassine à Paris, en 1938, un secrétaire d’ambassade allemand. C’est lors d’un voyage en Israël que le narrateur clarifie son parcours, ses idées, approfondit aussi la vie d’Herschel, le tout livré sous forme de fragments où s’imbriquent les différentes temporalités. Il fait se rencontrer monde musulman et monde juif, quête biographique et quête littéraire. Pour que l’entreprise réussisse et ne soit pas un grand télescopage, il y fallait un rythme et un ajustement millimétré des diverses pièces du puzzle. Or, pour ma part, je trouve que cela s’étiole en progressant, que ça manque de sève, qu’il y a parfois un côté assez artificiel (notamment dans l’explication de la fascination du narrateur pour Herschel qui m’a un peu consterné). Il y a quelques beaux passages littéraires mais il y a aussi des moments gênants où l’auteur ne semble plus guère être dans un projet littéraire mais dans un simple récit, dans une confusion des genres plus que dans un mélange harmonieux. Bref, j’ai bien du mal à adhérer pleinement.

Avis : **

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