Le temps des oranges / I. Prochazkova. - Joie de lire, 2017. - (Encrage)

Sa mère est morte il y a quelques mois, et pour Darek, pas question de faiblir : entre son père au chômage aux portes de l'alcoolisme et sa petite sœur dont le handicap mental nécessite une attention patiente et constante, il se doit d'être responsable. Lorsque son père lui demande de l'aide pour retaper des chevaux mal en point et les revendre ensuite, Darek s'investit pleinement, soulagé de voir son père se ressaisir. Il est rapidement sous le charme de ces animaux que son vieil ami qualifie d'anges. Sa voisine Hanka le regarde différemment, lui même se sent grandir... la vie semble reprendre une tournure positive ! Mais son ennemi de toujours le confronte à une vérité insoutenable, qui compromet sa confiance en son père, en la vie, en l'âge adulte. 
Iva Prochazkova donne, avec une grande acuité, à lire ce passage de l'adolescence à l'âge adulte, le corps changeant, le sens des responsabilités, la compréhension de la complexité du monde, douloureuse lucidité chassant la confiance et la naïveté de l'enfance. La narration, externe, est entrecoupée de chapitres flash-back où Darek prend la parole, renforçant notre attachement à ce personnage aussi courageux qu'altruiste, reconnaissant ses erreurs et sachant pardonner. C'est aussi une philosophie de vie qui transparaît, celle du respect de la vie, de toutes vies (encore que le spécisme n'y est pas absent), de l'indulgence, d'une vie simple et sincère, sans course au profit ni compromissions. 
 « Darek pensa soudain que le sentiment le plus typiquement humain était sans doute l'insatisfaction. Mais nous appelons ça l'ambition, et nous en faisons une qualité. » 
« Il avait déjà remarqué que les adultes avait coutume 
de parler pour atténuer le bruit que faisaient leurs actes, 
pour détourner l'attention de l'essentiel. » 

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