La Serpe / Philippe Jaenada. - Julliard, 2017

Dans un livre plus court que son précédent (seulement 625 pages cette fois-ci), Jaenada oriente le projecteur sur le nommé Henri Girard, sacré drôle de type ! Il est issu d’une lignée prestigieuse de bourgeois, châtelains en Dordogne, à Escoire (12 km de Périgueux). Son père, négligé, dénote un peu dans la famille et sa mère, anarchiste et athée, la honte de la famille, décédera rapidement de la tuberculose sans que les Girard n’acceptent de lui verser une aide financière pour ses soins. Henri est un gosse de riche, rebelle, en rupture, et sa vie sera pour le moins agité. Il fera quatre mariages, dilapidera en un rien de temps l’énorme héritage de son père, s’enfuira en Amérique du sud pour se refaire, y fera pléthore de petits boulots et rentrera en France misérable, connaîtra alors le succès littéraire avec son roman Le Salaire de la peur sous le nom de Georges Arnaud, adapté au cinéma par Clouzot, palme d’or à Cannes en 1953, outre romancier deviendra journaliste pour défendre les justes causes… Quelle vie ! Reste juste un détail…
En 1941, à 24 ans, il est accusé d’avoir occis son père, sa tante et la bonne à coups de serpe sur le crâne. Il réussira à ne pas être condamné grâce à la défense de Maurice Garçon, le plus grand avocat du 20ème siècle pour certains. Cette vie est racontée de façon brillante dans les 200 premières pages qui suffiraient pour former un livre emballant, mais c’est qu’il en reste plus de 400 ! L’auteur va passer 10 jours sur place, voir les lieux, potasser les archives. Il s’empare de cette matière, la pétrit avec délectation, s’arrête sur les moindres détails, se torture l’esprit, cherche les failles (car dans celles-ci peut percer la lumière) jusqu’à l’obsession et propose au final une autre hypothèse que celle du coupable idéal. Pas très convaincante au départ et puis… Bizarrement il fait le choix de modifier le nom de famille de la personne concernée pourtant bien connue notamment des auditeurs de l'émission L'Heure du crime de Jacques Pradel. Il termine véritablement en osmose avec cette histoire, ces lieux. Comme lors de son précédent ouvrage sur l’affaire Dubuisson, il n’est pas avare en apartés et digressions qui me semblent moins agaçantes (on s’habitue ?) et en ton potache, la construction est peut-être moins fluide, moins réussie, c’est un peu long et redondant sur la fin mais ça suscite tout de même encore sacrément l’admiration. Une immersion pour votre prochain week-end. Prix Femina 2017.
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Avis : ***

Au-delà de la forêt / N. Robert ; G. Dubois; - Seuil, 2017

D'aucuns racontent que la « forêt très dense et très sombre » abrite « des loups, des ogres et des blaireaux géants. » Mais le père du narrateur, curieux de savoir ce qu’il y a au-delà de la forêt, n'y croit pas. Son plan : confectionner des pains, les échanger à ses voisins contre des briques, puis construire une tour portant loin le regard. Père et fils s'attellent au projet, qui prend forme jour après jour... avant de s'effondrer. Le découragement est profond. Mais l'espoir reste permis.
Dix cerveaux valent mieux qu'un, l'adage est illustré ici -de façon délicieusement rétro- dans un fort esprit de solidarité et d'ouverture à l'autre.

Trouver les mots / G. Abier. - Le Muscadier, 2017. - (Rester vivant)

Puisqu'ils se sont parlé quelques heures auparavant, on le somme d'expliquer, mais comment pourrait-il parler, lui qui a toujours eu du mal à exprimer ses sentiments. Ce qui arrive est tellement inenvisageable, inexplicable, insurmontable, qu'il lui faudra du temps pour le formuler
En attendant que les mots terribles lui viennent et nous parviennent, il explique ce qui le lie à son cousin, leur complicité de toujours, fissurée dernièrement par leur rapport aux filles, l'un impatient, l'autre maladroit se réfugiant dans le virtuel. Il ne sera bientôt plus temps de tergiverser, de tourner autour des mots, il faudra affronter le réel, implacable.
Quelques 50 pages sur l'âge fragile de l'adolescence, où les doutes liés à la construction de soi peuvent se révéler irrémédiables s'ils sont exploités par des personnes malveillantes, avec Internet comme puissant écho.
Mise en garde efficace autant que glaçante.

Robot sauvage / P. Brown. - Gallimard, 2017

Un jour Roz s'éveille, comprend qu'elle est sur une île et va devoir redoubler d'ingéniosité pour survivre dans ce milieu inconnu. Elle a tout à apprendre, d'autant qu'elle est un robot, visiblement non conçu pour ce genre d'environnement. Roz découvre donc la stratégie de survie, dans son aspect matériel. Mais elle tient à se faire accepter par les animaux de l'île, décrypte alors leur langage, commun mais exprimé différemment, et use de l'art du mimétisme pour mieux se faire accepter. Elle découvrira même l'art de la maternité. 
Premier roman d'un auteur que nous connaissions pour ses albums, Robot sauvage, oxymore par excellence, s'attarde sur ce qui fait le sel du vivant, convivialité et solidarité. Un robot, attentif aux autres et respectueux de leurs différences, peut se découvrir ainsi naturellement doué pour venir en aide aux autre.
« J'étais en état de marche. 
Mais vous, mes amis et ma famille, vous m'avez appris à vivre. »

Une journée avec mon petit frère / S. Ahmed Backström. - Cambourakis, 2017

C'est Grande-soeur qui s'occupe aujourd'hui de Petit-frère. Elle doit le déposer à l'école, avant de se rendre en cours. Mais pourquoi s'en tenir à ce programme tristounet ? Et si Petit-frère venait au collège ? « Maternelle ou collège, ça revient au même ! » Après quelques heures, l'ennui guette à nouveau pour tous deux, direction le centre ville ! Bibliothèque, relooking, discussions... tant de découvertes préférables aux « bébés qui se bavent dessus » et aux « devoirs et contrôles ».
Déambulation très plaisante, pleine de liberté et de fantaisie, de ces sœur et frère qui bousculent leur quotidien. L'une a la peau claire, l'autre noire, leurs yeux bleus pointant dans la même direction ou se regardant l'un l'autre avec intensité et complicité.

Y'a rien ! / B. Charlat. - Casterman, 2017

Petite mouette prend les membres de sa famille à témoin, à tour de rôle : malgré ses efforts, Y'a rien dans la cuvette des toilettes. Le lecteur pourra également le constater en soulevant l'abattant. Quelques impatiences plus loin, la famille entière -et le lecteur toujours- pourra s'extasier !
Album cartonné à flaps, simple, léger et humoristique, pour accompagner le tout-petit dans son autonomie.

Le temps des oranges / I. Prochazkova. - Joie de lire, 2017. - (Encrage)

Sa mère est morte il y a quelques mois, et pour Darek, pas question de faiblir : entre son père au chômage aux portes de l'alcoolisme et sa petite sœur dont le handicap mental nécessite une attention patiente et constante, il se doit d'être responsable. Lorsque son père lui demande de l'aide pour retaper des chevaux mal en point et les revendre ensuite, Darek s'investit pleinement, soulagé de voir son père se ressaisir. Il est rapidement sous le charme de ces animaux que son vieil ami qualifie d'anges. Sa voisine Hanka le regarde différemment, lui même se sent grandir... la vie semble reprendre une tournure positive ! Mais son ennemi de toujours le confronte à une vérité insoutenable, qui compromet sa confiance en son père, en la vie, en l'âge adulte. 
Iva Prochazkova donne, avec une grande acuité, à lire ce passage de l'adolescence à l'âge adulte, le corps changeant, le sens des responsabilités, la compréhension de la complexité du monde, douloureuse lucidité chassant la confiance et la naïveté de l'enfance. La narration, externe, est entrecoupée de chapitres flash-back où Darek prend la parole, renforçant notre attachement à ce personnage aussi courageux qu'altruiste, reconnaissant ses erreurs et sachant pardonner. C'est aussi une philosophie de vie qui transparaît, celle du respect de la vie, de toutes vies (encore que le spécisme n'y est pas absent), de l'indulgence, d'une vie simple et sincère, sans course au profit ni compromissions. 
 « Darek pensa soudain que le sentiment le plus typiquement humain était sans doute l'insatisfaction. Mais nous appelons ça l'ambition, et nous en faisons une qualité. » 
« Il avait déjà remarqué que les adultes avait coutume 
de parler pour atténuer le bruit que faisaient leurs actes, 
pour détourner l'attention de l'essentiel. » 

Le dernier cow-boy / G. Kocjan ; L. Renardy. - Atelier du poisson soluble, 2017

C'est une double surprise qui nous attend dans cet album. On se croit en plein western, avec Quickly Lucky en justicier du far-ouest. L'illustration nous donne des indices d'une autre réalité, contemporaine celle-là. Puis on découvre que Quickly Lucky n'est pas à proprement parler « un cow-boy, ni un justicier. » Alors qui est-il ?
La narration brouille les pistes mais une chose est sûre, ce sont des valeurs d'écologie, d'équité, de liberté et de fraternité qui animent ce héros révolté. « Les hommes sont devenus fous de puissance. Ils veulent diriger le vent au lieu de se laisser caresser par lui. »
Gringo, ne vous mettez pas en travers du chemin de ce parangon de justice !

La Danse de l'araignée / Laura Alcoba. - Gallimard, 2016. - (Blanche)

Après Manèges : petite histoire argentine (2007) où elle a 7 ans et vit en Argentine dans la clandestinité et la peur depuis l’arrestation et l’emprisonnement politique de son père, après Le Bleu des abeilles (2013) et son arrivée avec sa mère à 10 ans dans la banlieue parisienne, revoici Laura Alcoba à 12 ans. Elle a déménagé du Blanc-Mesnil à Bagnolet où elle vit avec sa mère et, comme auparavant, avec une grosse argentine du nom d’Amalia. L’enfant devient jeune fille, premier soutien-gorge (bien trop grand pour ce qu’il y a à y mettre), premières règles, la rencontre traumatisante d’un exhibitionniste. Grâce à l’école, premiers amis puis plus difficilement premiers amis français. Les progrès dans la maîtrise du français qu’elle aime de plus en plus, l’allemand en première langue à l’école aussi. La lecture avec un père de l’autre côté de l’océan qui la motive à travers ses lettres. L’élection de François Mitterrand vue au domicile sur le petit poste couleur récupéré chez Emmaüs, posé à même le sol. La romancière procède toujours par fragments de souvenir, en utilisant un beau style limpide où perce tantôt l’humour, tantôt l’émotion. Ça fonctionne très bien, on retrouve chaque fois avec un vrai plaisir ce personnage et c’est certainement avec le même plaisir que nous retrouverons l’auteur lors des Petites Fugues 2017. 

Avis : ***

Les Passagers de l'Anna C. / Laura Alcoba. - Gallimard, 2011. - (Blanche)

1966, Manuel et Soledad, les futurs parents de l’auteure, tout feu tout flamme, décident, avec quelques amis, de quitter l’Argentine pour vivre leur amour librement et satisfaire leur soif de la Révolution. Pour tromper les agents américains, ils passent sous de faux noms par Paris puis Prague avant d’atterrir à Cuba. On y attendait des experts, on y découvre de grands ados en mal de sensations fortes. Tant pis, il faudra faire avec. Durant un an, de camp d’entraînement en camp d’entraînement, on les prépare à l’action. Lorsque le grand jour arrive enfin, ils apprennent que le Che qu’ils idolâtrent a été tué. L’équipée prenant de plus en plus l’allure du Désert des Tartares, il ne reste plus qu’à rentrer, penauds, en Argentine avec prudence. Le retour se fera en évitant le Paris de mai 68, via Prague, Vienne, Gênes, Madère, le Brésil et, faute de moyens suffisants pour prendre l’avion, sur le bateau l’Anna C. Manuel et Soledad rentre au pays avec un bébé prénommé Laura dans les bras. La totalité des Argentins qui les accompagnent dans ce voyage ne tarderont pas à avoir un destin tragique. Tel le Petit Poucet, Soledad jette des couches sales à la mer, comme si un jour, sait-on jamais, il allait falloir retrouver le chemin de l’Europe. Une reconstitution très bien faite, dans un style simple et agréable. 

Avis : ***

Une Histoire des loups / Emily Fridlund. - Gallmeister, 2017. - (Nature writing)

"S'il vous plaît, aidez-nous mon Dieu à la pitié infinie pour cette pathétique farce qu'est l'existence humaine." p. 21 
C’est un grand classique désormais : à chaque arrivée d’un nouveau romancier américain les adjectifs fusent (époustouflant, super original…) Que dire donc de ce livre ? Le cœur en est un fait-divers qui, quoique tragique, reste assez quelconque et sans rebondissements. Nous suivons donc dans le Minnesota Madeline Furston, une ado, fille d’anciens hippies qui devient la baby-sitter du petit Paul. C’est elle qui, âgée de 37 ans, raconte l’histoire. Les parents du gamin ont l’air un peu particulier, le père est membre de l’Eglise de la science chrétienne. On sent bien que le drame, même si on n’en connaît pas encore la nature, va advenir. S’y mêle le souvenir récurrent de ce bon Monsieur Grierson, un ancien professeur de Madeline, qui se démenait pour son enseignement mais qui a été condamné pour pédophilie. C'est que l'espèce de fascination de Madeline pour les loups semble s'étendre aux prédateurs humains. Certes c'est bien écrit (Fridlund n'est tout de même par Irving ou Udall), la nature y est très présente (principe de la collection), mais on a tout de même un peu l’impression que cette histoire qui se résume à peu de chose n’en finit pas, qu’on pourrait presque la relancer à l’infini. D’ailleurs l’auteur pour y mettre un point final fait un bien drôle de choix. Époustouflant ou éprouvant, on vous laissera juge. Premier roman.
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Avis : **

La seule chose qui compte vraiment / N. Somers. - Fleurus, 2017

Très belle histoire de Lise 15 ans. Un roman centré sur le sport de haut niveau et l'adolescence. Lise adore la gymnastique et souhaite devenir championne olympique. mais le problème,c'est qu'elle grandit et elle doit tout remettre en question. C'est là que tout commence. On y découvre des personnages aux caractères bien différents les uns des autres. Lise , la jeune athlète,timide et déterminée,sa mère superficielle, Vincent, calme et posé et Margaux, jalouse et détestable. Dans ce roman , on y découvre une des facettes du sport à haut niveau, les entraînements, les victoires, les défaites, les sacrifices... Mais ce que l'on peut retenir, ce qu'il faut croire en ses rêves, si l'on se donne les moyens d'y arriver rien ne peux nous empêcher de pouvoir les atteindre.
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Perdre la tête / Bertrand Leclair. - Mercure de France, 2017. - (Bleue)

"Mon dieu, est-ce que c’est possible, d’être ainsi torpillé en plein vol par l’objet même de son envol ?" p. 42
Le narrateur, qui décide pour les besoins du récit de se nommer Wallace, est allongé sur un lit d’hôpital à Rome avec une balle dans le genou que lui a administrée, sans raison apparente, son amante lors de leur dernière rencontre. Wallace qui est divorcée a suivi sa nouvelle compagne dans la capitale italienne où elle prend un poste de correspondante pour la radio. Il s'est épris de Giulia, troisième épouse de Pietro Petrucciani, un amateur d’art et collectionneur qui, désormais paraplégique, est en fauteuil roulant électrique à la suite d’un accident. Dans ce qui se révèle une désolation familiale et un désordre amoureux, Wallace ratiocine, s’apostrophe, tapant sur son ordinateur jour et nuit, surfant sur certains sites, pour essayer de clarifier ce qui lui arrive. Il comprend rapidement que Pietro Petrucciani a de drôles de fréquentations et trempe dans un milieu mafieux. Bien qu’essayant de garder la tête sur les épaules, il est confronté à son obsession d’enfance, celle des têtes tranchées. Et s’il était concerné par la première tentative d’une greffe de tête humaine par un fou du scalpel, le professeur Sergio Canavero ? Le roman n’est pas avare en très longues phrases, c’est intéressant lors de certains passages mais sur la longueur c’est une logorrhée tout de même assez indigeste pour une histoire qui se résume à bien peu de chose.

Avis : *

Monarques / Philippe Rahmy. - La Table ronde, 2017. - (Vermillon)

"Voilà, ce qu’il m’est donné de faire, traduire le silence qui survit à la disparition des corps." p. 105
Un livre au caractère manifestement autobiographique. Le narrateur est né d’un père musulman et d’une mère luthérienne. En creusant un peu du côté de sa mère, il est même le petit-fils d’un médecin nazi et d’une juive convertie au protestantisme. Il tente ici de démêler l’écheveau de la geste familiale. Vient se greffer là-dessus une fascination pour le jeune Herschel Grynszpan, ce polonais juif qui assassine à Paris, en 1938, un secrétaire d’ambassade allemand. C’est lors d’un voyage en Israël que le narrateur clarifie son parcours, ses idées, approfondit aussi la vie d’Herschel, le tout livré sous forme de fragments où s’imbriquent les différentes temporalités. Il fait se rencontrer monde musulman et monde juif, quête biographique et quête littéraire. Pour que l’entreprise réussisse et ne soit pas un grand télescopage, il y fallait un rythme et un ajustement millimétré des diverses pièces du puzzle. Or, pour ma part, je trouve que cela s’étiole en progressant, que ça manque de sève, qu’il y a parfois un côté assez artificiel (notamment dans l’explication de la fascination du narrateur pour Herschel qui m’a un peu consterné). Il y a quelques beaux passages littéraires mais il y a aussi des moments gênants où l’auteur ne semble plus guère être dans un projet littéraire mais dans un simple récit, dans une confusion des genres plus que dans un mélange harmonieux. Bref, j’ai bien du mal à adhérer pleinement.

Avis : **

Une Fille, au bois dormant / Anne-Sophie Monglon. - Mercure de France, 2017. - (Bleue)

Bérénice Barbaret Duchamp est chargée de documentation chez No Logo, une importante agence de communication. Elle y rédige des cahiers documentaires à partir de sujets porteurs qui servent d’outils à ses collègues chargés de la communication. Mais nous sommes en pleine crise financière et Bérénice, victime du nouveau PDG, est de plus en plus placardisée. A l’image de celle dont elle porte les initiales, BBD pour Belle au bois dormant, elle est lourdement endormie. Elle ne sait pas se défendre dans ce milieu cruel et a toujours été soumise dans son travail comme dans sa vie privée. Ce roman est donc l’histoire de son lent et long éveil qui se produit en parallèle de celui de Pierre, son bébé, et auquel va contribuer une formation à la voix étalée sur quinze séances où elle fait la connaissance de Guillaume, le formateur, un jeune chanteur plein de convictions. Le récit utilise le « tu » car la voix qui dit « je » n’est pas encore possible à ce stade, cela donne un ton assez particulier, il navigue entre manifeste féministe, critique sociale, analyse du monde de l’entreprise et surtout description psychologique très poussée. Au-delà de ses qualités intrinsèques, difficile de cacher que le livre ne paraîtra pas très palpitant à tout le monde. Premier roman. 

Avis : **

Jeux de dame / Thierry Dancourt. - La Table ronde, 2017. - (Vermillon)

Les derniers éléments de l’Empire colonial français sont en train de se désagréger, bientôt on enverra le premier homme dans l’espace, un russe nommé Iouri Gagarine. Les tensions internationales sont à leur comble, la Guerre froide à son apogée, on finirait presque par bâtir un mur entre Berlin-Ouest et Berlin-Est ! En décembre 1960, Pascal Clerville qui effectue un contrat comme bibliothécaire au Musée des Arts africains et océaniens se lie d’amitié avec Solange Darnal, une fidèle visiteuse du musée. Hélas, elle doit se rendre pour plusieurs mois à Berlin afin, dit-elle, de réaliser des études d’observation pour le compte du Conseil économique et social. Pendant ce temps, Pascal s’occupe de l’arrosage de ses plantes, d’aérer l’appartement et rencontre une vieille voisine, amie de la famille, qui lui en apprendra plus sur l’étrange Solange. Celle-ci est en réalité partie rejoindre en Allemagne son chef et amant Marc Jeanson pour des activités peu avouables. C’est assurément bien ficelé, assez agréable à lire, sans que le roman soit d’une bien grande originalité tout de même.
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Avis : **