Un Pauvre type / Erskine Caldwell. - Gallimard, 2003. - (L’Imaginaire)

Blondy Niles est un ancien boxeur en pleine déchéance. SDF, il dort là où le hasard le mène. Et justement il s’est amouraché de Louise, une prostituée qui est prête à partager son lit. On propose à Blondy de remonter sur le ring pour deux combats. Dix billets à la clef mais, et il ne le sait pas, les combats sont truqués. Le corps lacéré, Louise est retrouvée morte à son domicile. C’est alors la jeune Gestie qui le prend sous son aile et l’emmène dans une étrange pension tenue par sa mère, une espèce d’ogresse castratrice (et hélas pas seulement au sens figuré), où le pauvre Blondy tombe en esclavage et côtoie des tendances au sadisme et à la nécrophilie.
Le style froid et concis percute une réalité totalement délirante et cauchemardesque. Gangsters, boxeurs, filles publiques et femmes dépravées peuplent ces pages et constituent un univers de violence et de sexe dévoyé. L’histoire d’un loser proche de ceux que créera un peu plus tard David Goodis. Un Pauvre type, écrit en 1930, est parfois présenté comme le brouillon des deux chefs-d’œuvre à venir, à lire et à relire, La Route du tabac (1932) et Le Petit arpent du Bon Dieu (1933), des brouillons de cette qualité nous aimerions en voir davantage lors des rentrées littéraires.
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 Avis : ***

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