Une femme de Shôwa / Ikki Kajiwara, Kazuo Kamimura. - Kana, 2017

C'est l'histoire mouvementée de Shôko Takano, une femme de l'ère Shôwa qui correspond au Japon à la période du règne d'Hirohito, de 1926 à 1989. C'est dans cette période, années de guerre et d'après guerre, que Kazuo Kamimura et Ikki Kajiwara ont choisi de nous conter cette histoire. C'est encore une enfant quand on fait sa connaissance, en 1943, fillette insouciante, heureuse avec sa maman Kiyoka, une ancienne geisha. Son père, Sôzuke Tanako, ouvertement opposé au régime, est obligé de se cacher. Un soir, la police du régime débarque et emmène sa mère pour l’interroger sur les activités de son mari. Madame Takano, fidèle jusqu'au bout, ne cédera pas aux humiliations et à la torture. Relâchée le lendemain, elle ne se remettra pas de ses blessures, d'autant que Tokyo se trouve sous les bombardements américains. Son père disparu, Shôko est livrée à elle-même parmi les 120000 orphelins de guerre, se retrouve chef de gang et pour finir, en maison de correction. Shôko dans cette histoire ne sera jamais une victime. Au contraire, on la voit devenir une belle jeune femme, par volonté, courage, détermination. La jeune fille est également animée par la vengeance. Elle punira tous ceux qui font du mal aux personnes qui l'ont aidée. 
Un tome unique (one-shot) d'exception de deux légendes du manga, Kazuo Kamimura (Lady Snowblood, Le club des divorcées) et le scénariste du manga culte Ashita no Joe, Ikki Kajiwara, tous deux décédés. Magnifique portrait de femme, belle, insoumise, c'est un manga profond, littéraire, qui explore à sa manière la condition féminine. Beau graphisme mélangeant la photo, le dessin à l'encre noire, l'aquarelle. A découvrir.

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