Toute la beauté du monde n'a pas disparu / D. Younge-Ullman. - Gallimard, 2017. - (Scripto)

Ingrid croyait partir pour un camp écologique en pleine nature, avec toilettes sèches et cabanes en rondin. Elle découvre que Peak Wilderness est en réalité un camp itinérant, très physique et surtout sans le moindre confort. Tout ce qui lui procure un « sentiment de sécurité  » lui a été retiré. Pour une fille qui a passé sa vie dans les opéras, avec tout le luxe que cela suppose, le choc est rude, brutal, violent. Ingrid est envahie d'une « fureur (qui) ne débouche que sur le vide, le découragement et un sentiment de trahison. » Mais il est inenvisageable de renoncer malgré les tentes mixtes, la douleur, la crasse, les jeunes délinquants (et surtout Bob le lubrique) et les milliards de moustiques. Car Ingrid a passé un pacte avec sa mère : elle pourra devenir chanteuse lyrique et intégrer l'école de son choix uniquement si elle surmonte toutes ces épreuves. 
Le récit des journées cauchemardesques du camp alterne avec des éléments du passé d'Ingrid qui doit se construire avec une mère à la forte personnalité ayant dû renoncer à sa raison de vivre : le chant. Et l'on mesure le dilemme d'Ingrid : « Si je continue à te faire passer avant moi, je ne vivrai pas. Et là, maman, on mourra toutes les deux. »
La fin est bouleversante et le courage d'Ingrid n'en paraît que plus extraordinaire, portée à la fois par une vocation profonde et un amour viscéral pour sa mère.
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