Rage / O. Charpentier. - Gallimard, 2017. - (Scripto)

Elle n'a plus de nom, juste cet attribut qui s'est substitué à lui : Rage. Parce que son prénom la ramène à ce qu'elle a été, à la violence qui a tué celle qu'elle fut. Depuis qu'elle est en France, elle est sur le qui-vive, sur la défensive, tout l'agresse. « Dépression hostile » a-t-on diagnostiqué à la consultation pour Mineurs isolés étrangers. Seule Artémis, elle-aussi réfugiée qui s'est réinventée, sait l'apaiser. Jusqu'à sa rencontre avec un chien gravement blessé. Une victime de la violence des hommes, comme un miroir. 
Avec Jean, un homme pourtant, un ennemi, elle fera tout pour le sauver.  
Avec Jean, elle va apprendre à « conjuguer au futur. C'est un émerveillement et une terreur. »
L'écriture de ce texte court et dense est haletante, viscérale, urgente et la chute fait l'effet d'une libération. La fin d'une asphyxie angoissante. « Il faut faire avec ce qu'on perd... Et avec ce qui nous reste. »
« La mort, pour toi, pour tout le monde ici, c'est injuste. 
Mais ailleurs dans le monde, c'est la mort qui est normale. 
Et la vie, c'est un accident ! »

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