Prendre les loups pour des chiens / Hervé Le Corre. - Rivages, 2016

Après avoir pris six ans pour un braquage, Franck sort de taule. Normalement, il doit retrouver à sa sortie Fabien, son frère, et la moitié du pactole qui lui revient. Normalement… En fait, l’un est parti régler des affaires en Espagne et l’autre semble s’être envolé. C’est Jessica, la petite amie de Fabien qui vient le chercher sur le parking de la maison d’arrêt de Gradignan, une névrosée nymphomane à laquelle Franck ne va pas résister bien longtemps. Il est accueilli dans une famille déjantée, le père est un alcoolo vivant de petits trafics de bagnoles, en lien avec un milieu interlope, la mère est une vieille peau désagréable et puis il y a la petite-fille, Rachel, enfant perturbée, mutique, solitaire, bizarre, subissant vaillamment le monde des adultes au côté d’un grand chien inquiétant. Le pauvre Franck va être embrigadé dans une vengeance dissimulée sous une machination dont il est la victime. Il croyait être en liberté et pourtant les barreaux sont partout : dans ce paysage landais, hérissé de pins, dans sa dépendance aux instincts primaires (sexe, violence…), dans les réminiscences d’un passé d’enfant maltraité… L’espoir de rompre avec un cercle vicieux et de pouvoir repartir à zéro alterne avec les moments de désespoir et d’inéluctabilité. Toutes les dérives lui semblent possibles et autorisées sauf de faire du mal à Rachel, de dévoyer l’enfance. Nous sommes dans du roman noir, très noir, à veine sociale, porté par une écriture simple et très attachée aux minuscules détails. C’est assez puissant. Personnellement, j’ai été un peu déçu par le manque de clarté de l’explication de la machination ainsi que par une fin qui laisse le lecteur un peu dubitatif.
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Avis : **

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