Impossible Ici / Sinclair Lewis. - La Différence, 2016

« Je ne crois pas au terrorisme comme moyen de lutte contre le despotisme. Le sang des tyrans fait germer les massacres ». p. 335
Sinclair Lewis, premier américain lauréat prix Nobel de littérature (en 1930), époux d’une journaliste qui interviewa un certain Adolf Hitler (à la fin 1931), imagine dans ce roman (publié en 1935), tandis que se profile les élections présidentielles américaines de 1936, la victoire présumée impossible d’un populiste. Dans son roman, un nommé Windrip s’empare en effet légalement du pouvoir et met immédiatement en place un programme qui décoiffe et qui réduit notamment les droits des femmes, des juifs et des nègres (sic). Il s’octroie les pleins pouvoirs, s’entoure d’une garde prétorienne et bâillonne la presse. La dictature est en marche avec son lot de violences, d’arrestations et de camps de concentration. Si redécouvrir ce texte aujourd'hui est intéressant, particulièrement après l’élection de Trump aux États-Unis, il faut bien avouer que cette dystopie, qui arrive après celle du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley (1932), manque singulièrement de puissance et d’imagination. On a l’impression d’un texte écrit dans l’urgence où le modèle hitlérien est plaqué sur la réalité américaine sans beaucoup de réalisme, de finesse ou de profondeur. Il semble que la traduction de Raymond Queneau, conforme à de tristes pratiques des années 40, ne soit pas toujours irréprochable et qu’une nouvelle traduction pouvait s’imposer. Les éditions de La Différence semblent elles-mêmes avoir œuvré dans l’urgence, s’agissait-il de faire un coup ?

 Avis : *

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