Nous autres, simples mortels / P. Ness. - Gallimard, 2016


« J'ai l'impression que quelque chose d'horrible va arriver de toute façon. Je le ressens tout le temps. Même quand je suis heureux. » Ainsi vit Mickey. Sa sœur Mel a déjà failli mourir des suites de son anorexie. Son lycée a déjà explosé à plusieurs reprises. Son père est alcoolique et sa mère focalisée sur sa carrière politique. Et même s'il est entouré d'amis précieux -notamment Jared qui l'«aide à se sentir en sécurité dans le monde »- , il a tout de même « l'impression d'être celui qui compte le moins ». Il faut pourtant se maintenir à flot, lutter : « Sur qui pouvons-nous compter à part les uns sur les autres ? » Cette attention mutuelle représente ce qu'ils ont de plus précieux, de plus cher, seul rempart contre le chaos du monde. 
Car dernièrement, avec la menace qui pèse autour des Indie Kids, l'angoisse décuple et les TOC de Mickey - ses boucles- prennent des proportions incontrôlables. 
Qu'il soit fantômes, mangeurs d'âmes, vampires ou indies kids, ces êtres étranges représentent le danger qui plane et inquiète tous les adolescents du monde, en tout temps.
Patrick Ness a l'art de nous captiver en nous mettant néanmoins en position inconfortable de lecture. Les têtes de chapitres résument un monde parallèle qui nous est donné à voir uniquement par ce biais, les personnages du roman se voient dotés de caractéristiques pour le moins étonnantes (Jared est un quart de Dieu) ou imprécises (les indies kids) mais peu importe que Patrick Ness nous déroute. L'essentiel est dans son talent à saisir sur le vif l'adolescence et ses angoisses, l'adolescence et ses amitiés fortes. Une période à traverser, une épreuve à surmonter, pour se dépasser.

« Nous partageons notre dinguerie, nos névroses, 
cette petite parcelle d'insanité qui nous vient de notre famille. 
Nous la partageons. Et c'est comme de l'amour. »
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