Marcher droit, tourner en rond / Emmanuel Venet. - Verdier, 2016

« En esprit fort, on croit élégant de considérer la mise en ménage comme dictée par des mobiles pragmatiques : une économie d’échelle, une assurance contre la frustration érotique et une façade sociale destinée à rassurer les enfants et les voisins. » p. 115
Le narrateur âgé de 45 ans est atteint du syndrome d’Asperger, proche de l’autisme, maladie qui le rend à peu près incapable de se plier à l’arbitraire et la duplicité des conventions sociales. Il consacre ses journées en solitaire à ses deux passions : le scrabble et l’étude des catastrophes aériennes. A l’occasion des funérailles religieuses de sa grand-mère, il s’étonne qu’elle, si cruelle et qui n’a pas mis les pieds à l’église depuis son baptême, soit décrite comme une sainte. Alors il s’emporte et refait la chronique familiale, dévoile les secrets, dénonce dans une charge furieuse des bricolages affectifs qui n’ont mené qu’à des divorces, à mari humilié ou femme battue. Alors que lui est d’une franchise absolue, d’une grande probité amoureuse. Il est tombé amoureux au lycée de la belle Sophie Sylvestre (d’un amour platonique il va sans dire) et depuis l’attend. L’attend c’est beaucoup dire, en fait lui envoie des mails par dizaines au point que la justice lui interdit désormais d’entrer en contact avec elle. Une façon de s’insurger qui rappelle un peu L’Atelier des morts de Daniel Conrod paru en 2015.
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