La Vie idéale / Jon Raymond. - Albin Michel, 2016. - (Terres d’Amérique)

« Rien n’est plus fondamental pour les humains que manger. Alors si on n’est pas fichus de faire ça bien, on ne mérite pas vraiment d’exister. » p. 30
Depuis deux ans, le couple que forment Damon et Amy se distend. Ils se disputent souvent et individuellement leur vie ne les épanouit pas. Los Angeles les étouffe. Lui travaille dans une agence de pub, elle dans un studio de doublage. Amy a la fibre écolo et, pour vivre autre chose, revenir à des valeurs essentielles et tenter de sauver leur couple, ils plaquent tout et cherche l’endroit de leur rêve. Ce sera Rain Dragon, une grande ferme bio au personnel soudé où il va falloir se faire une place. L’apiculture sera rapidement le domaine d’Amy tandis que Damon, ne sachant rien faire de ses dix doigts, apparaît tout aussi vite comme un boulet. L’auteur a bien calé son sujet, on adhère et c’est prenant. Pourtant, surprise !, dès la seconde saison (le livre est divisé en quatre saisons), Damon devient le responsable relation publique, puis le vice-président management et l’intrigue change du tout au tout. Rain Dragon se lance dans la conquête de marchés d’entreprises autour du développement personnel, de l’art de la réalisation de soi, ce qui nécessite de jouer des coudes et d’utiliser des méthodes parfois à la limite. Certes il s’agit en partie de gagner de l’argent pour développer les activités de la ferme mais quel éloignement de la pureté du projet d’origine ! Amy et Damon se sont séparés mais Damon, indécrottablement amoureux, demeure d’un aveuglement sans borne quant à l’espoir qu’il a de son retour. Cette vie idéale restera une chimère. Un peu désarçonné par la tournure qu’a prise l’histoire, les personnages sont attachants. La couverture est franchement moche.


Avis : **

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