Nos âmes la nuit / Kent Haruf. - R. Laffont, 2016. - (Pavillons)

« Je parle de passer le cap des nuits. Et d’être allongés sous les draps, de manière complice. D’être allongés sous les draps ensemble et que vous restiez la nuit. » p. 11
Addie Moore, veuve de 70 ans, décide d’aller toquer à la porte de l’un de ses voisins, Louis Waters, lui aussi veuf. Mais que diable lui veut-elle ? Elle lui demande simplement s’il accepterait de venir la nuit chez elle pour partager son lit et discuter sous les draps. Un peu surpris, on l’imagine, Louis accepte. Ils s’apprêtent chacun de leur côté pour ces rendez-vous, ils sont un peu empruntés. Alors ils parlent, se racontent côte à côte et vont jusqu’à oser se tenir la main. On jase alentour et ils s’en fichent. Le petit-fils d’Addie est laissé à sa garde car l’ambiance n’est pas au beau fixe chez ses parents. Qu’à cela ne tienne il est englobé dans le cercle d’amour qu’ils forment, tout comme la vieille Ruth, une voisine, ce n’est pas l’imprévu qui va les perturber, l’amour en se partageant ne fait que se multiplier. Il y a ce simple plaisir animal d’être ensemble, il y a ce refus d’exiger quoi que ce soit de l’autre, juste l’acceptation du bonheur comme il vient et juste l'envie de remercier quand il s'en va, même pas la colère contre ceux qui séparent au nom de la morale ceux qui s'aiment. Ou comment réussir à écrire simplement une histoire simple, en délicatesse. Ce n’est pas le style qu’il convient de mettre en avant mais la beauté et la grandeur de ces personnages. Le roman de Kent Haruf, écrit peu avant sa mort en 2014, est vraiment très très émouvant, subtil et tout en finesse. C'est beau comme du Jacques Poulin ou la Jocelyne Saucier de Il pleuvait des oiseaux.
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Avis : ***

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