Le Petit pays / Gaël Faye. - Grasset, 2016

« L’opinion publique pensera qu’ils ont fui l’enfer pour trouver l’Eldorado. Foutaises ! On ne dira rien du pays en eux. La poésie n’est pas de l’information. » p. 16
Gabriel, 33 ans, vit à Saint-Quentin-en-Yvelines. Il est né au Burundi (où il vit jusqu'à 13 ans) d’un Français venu du Jura et d’une mère rwandaise. Le père pense surtout à développer ses affaires tandis que la mère qui a déjà fui son pays enfant est surtout en quête de sécurité et ne détesterait pas vivre à Paris. C’est pourtant une enfance paisible et heureuse que celle que passe Gabriel à Bujumbura au côté de sa petite sœur et d’un groupe de copains tous habitants de la même impasse où résident des expatriés aisés. L’auteur prend largement son temps pour raconter les rigolades au quartier général (une épave abandonnée d’un Combi Volkswagen dans un terrain vague), les orgies de mangues, les baignades, la fête d’anniversaire, le cadeau de Noël… comme pour mieux marquer la rupture, la perte de l’innocence. Car surgissent la découverte de la violence, de la peur, de l’antagonisme hutu et tutsi, l’instauration de l’insécurité permanente liée au contrecoup du génocide rwandais (1994) sur le sol du Burundi. Ses parents s’étaient déjà séparés et voilà maintenant que c’est l’amitié qui se détraque, chacun qui semble perdre la raison. Tout se délite. Grâce à une voisine grecque, Mme Economopoulos, il trouvera un refuge provisoire inattendu (les livres) et la capacité de mettre des mots sur les maux. Le roman se présente comme un long flash-back, un retour sur une enfance perdue à jamais (le vrai pays quitté) que seuls les mots permettent de retrouver… un peu. Gaël Faye colle incroyablement à son sujet et pour cause ! Premier roman. Gaël Faye né au Burundi, arrivé en France en 1995 vient de s'installer au Rwanda. Prix Goncourt des lycéens 2016.
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Avis : ***

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