Le Cri / Thierry Vila. - Grasset, 2016

« Mais tous avaient fait le même constat : la femme médecin n’offrait aucune prise à la « sympathie » normale. » p. 204
Même si l’on pratique ce métier depuis plusieurs années, pas évident d’embarquer comme médecin à bord d’un bateau qui fait de la prospection de pétrole lorsque le personnel est presque exclusivement masculin. Lil est la fille d’un père britannique et d’une mère rwandaise tuée durant le génocide de 1994 au Rwanda. Elle-même, à 15 ans, aurait été violée sur le cadavre de sa mère. Elle embarque au Suriname pour trois mois et la vie avec tous ces hommes de nationalités variées va être difficile. Haute d’1m85, ce qui en fait une des personnes les plus grandes, lectrice des grands auteurs, pas très bavarde, elle maintient une distance infranchissable avec la plupart. C'est qu'elle a effectivement une psychologie très particulière, elle est dans une espèce de renoncement total qu’elle inscrit dans ses errances maritimes, dans un anéantissement de toute volonté d’être et de posséder, juste vivre et disparaître parfois dans l’acte chirurgical ou ses lectures par exemple. Avec Robert Cazal, le chef mécanicien, elle forme une curieuse alliance fraternelle asexuée, les autres louvoient vis-à-vis d'elle entre attirance et répulsion. Les séquelles de son passé se manifestent à travers un cri répété qu’elle pousse en privé puis, par la suite, en public. L’atmosphère sur le bateau, comme dans le roman, est étouffante et on se demande souvent si on s’achemine vers une fin heureuse ou une tragédie. Avouons que cela est somme toute assez bien fait même si mon enthousiasme est resté modéré.
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Avis : **

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