La Sainte famille / Florence Seyvos. - L’Olivier, 2016

« Il y avait si longtemps aussi qu’elle voulait expérimenter ce qu’éprouve leur mère quand elle les gifle. » p. 29
Plongée dans une famille, dans l’enfance d’une gamine de 10 ans, Suzanne, et de son frère Thomas, 7 ans. Lors des vacances, dans le Sud, il y a dans la maison l’aïeule qui agonise, la grand-mère sans cœur et puis la sœur de celle-ci, Odette, un peu simplette, vraie mère-poule toujours un peu inquiète pour ses protégés même si incapable de gestes de tendresse. Il y aussi parfois l’oncle accro à la dive bouteille et un peu pervers. Au quotidien, à l'Est, il y a la mère, pas tendre non plus la mère, qui bat ses enfants cul nul avec une laisse de cuir, un père un peu absent qui va bientôt demander le divorce, et Wild, un instituteur sadique (les autres enseignants ne valent pas mieux). C’est une enfance avec des petits bonheurs mais également beaucoup d’humiliations, de hontes, de contraintes, de mensonges. C’est la découverte des jeux de pouvoir, de l’exercice de la violence des plus forts sur les plus faibles, une violence qui finit par imprégner un peu inconsciemment le comportement de Suzanne. Une Suzanne qui associe d’ailleurs désormais la force au monde des adultes au point d’être totalement déroutée lorsqu’elle voit son oncle pleurer et se conduire comme un enfant, Wild le tortionnaire qui semble un timide vagabond en dehors des cours ou son propre père, déboussolé, s’excusant pitoyablement auprès de sa fille d'avoir divorcé. Il s’écoule un quart de siècle entre le début du roman et sa fin, le temps du recul sur sa propre histoire, mais il n’y a pas d’indication de date. Le narrateur est un peu troublant, il s’agit en effet au départ de Suzanne, parfois de Thomas et le plus souvent ni de l’un ni de l’autre. Le texte est dans une langue simple et agréable, limpide, par une romancière bien connue des plus jeunes.

Avis : **

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