Chanson douce / Leïla Slimani. - Gallimard, 2016. - (Blanche)

« La nuit, dans le confort de leurs draps frais, le couple rit, incrédule, de cette nouvelle vie qui est la leur. Ils ont le sentiment d’avoir trouvé la perle rare, d’être bénis. » p. 35
Paul Massé s’épanouit dans une carrière liée à la production musicale. Sa femme, Myriam, ne laisse à personne le soin d’élever sa fille, Mila, et y prend même du plaisir. Pourtant, un peu plus de deux après son premier enfant, quand naît Adam, elle souhaite reprendre son activité d’avocate. L’un et l’autre sont dévorés par leur travail, il faut donc trouver une nounou de qualité. C’est une fée du logis qu’il dégotte : elle garde les enfants, jouent avec eux et, sans qu’on le lui demande, fait le ménage, la cuisine, la vaisselle, change les draps, plie le linge… Au départ tout le monde est satisfait, elle est si indispensable qu’on l’emmène même en vacances en Grèce !, mais sur la durée elle commence à être envahissante et parfois étrange. Nul suspense puisque, à la façon de L'Analphabète de Ruth Rendell (adapté au cinéma par Chabrol sous le titre La Cérémonie) ou de la série télévisée Columbo, nous comprenons dès la première page que la nounou a tué les deux enfants du couple. D’une lecture facile et sans grande surprise ensuite, le roman déroule ces vies pour revenir à son point de départ. Particulièrement celle de la future criminelle, cette femme grignotée par l’ennui, la solitude collée à la peau, souffrant de connaître l’intimité et le bonheur des autres qu’elle ne peut partager un peu qu’un temps puisque inéluctablement les enfants grandissent. Elle rêve de ne plus s’occuper de personne mais n’a de vie qu’en s’occupant des autres. Pas mal mais sans sortir pour autant du lot à mon sens. Prix Goncourt 2016.
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Avis : **

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