Les Résistants de Tombouctou : prêts à tout pour sauver les plus précieux manuscrits du monde / Joshua Hammer. - Arthaud, 2016

Tombouctou (Mali) fut au 16e siècle une des capitales mondiale du savoir, il y régnait un bouillonnement intellectuel fabuleux et on y produisit une quantité assez phénoménale de manuscrits couvrant tous les domaines de la connaissance. Mais lesdits manuscrits eurent à souffrir des temps, durent assez souvent être cachés ou enterrés. Dans la 1ère moitié du 19e siècle, les djihadistes déjà !, interdirent la musique et détruisirent les bibliothèques. Puis les colons français pillèrent ce peuple pourtant présumé sans culture.
En 1981, Abdel Kader Haïdara hérite de la prestigieuse bibliothèque familiale qui comporte 45000 manuscrits anciens, des documents inestimables qui remontent parfois au 12e siècle. Durant 9 ans, il collecte, de façon assez rocambolesque, 16500 manuscrits à travers le pays pour le compte de l’Institut Ahmed-Baba. A partir de ses propres manuscrits, il monte ensuite une bibliothèque privée ultra-moderne. De nombreuses autres suivront son exemple dans la ville.
Surviennent les rebelles Touareg, délogés par les djihadistes qui s’emparent à leur tour de Tombouctou. Mise en place de la charia, exécutions, amputations, lapidations, flagellations, destructions…, nous connaissons le sinistre scénario. Pour les protéger, Abdel Kader Haïdara va sortir les 377000 manuscrits des diverses bibliothèques de la ville et les dissimuler dans une trentaine de maisons amies. Cependant l’économie locale s’effondre, les cambriolages augmentent, et cette fois-ci, idée délirante, il entreprend l’évacuation de la totalité des manuscrits vers Bamako par la route et par le fleuve au nez et surtout à la barbe des djihadistes. Au moment où les djihadistes sont sur le point de s’emparer de Bamako et du pays tout entier, la France intervient in-extremis avec l’Opération Serval.
C’est un livre riche de deux sujets connectés, celui du sauvetage des manuscrits et de la personnalité attachante de Haïdara d’une part, celui de la reconstitution méticuleuse d’évènements récents et tragiques au Mali d’autre part. Un travail qui suscite l’admiration et qui ne peut laisser indifférents les bibliothécaires.

A noter p. 252 la mention de la capture d'Abou Zeid par les Français qui semble une curieuse erreur de l'auteur puisque le même meurt deux semaines plus tard lors de combats dans l'extrême nord du pays. 
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Avis : ***

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