Le Garçon / Marcus Malte. - Zulma, 2016

1908, un garçon muet de 14 ans, sans nom, vit hors du monde dans une cabane avec sa mère. Celle-ci décédant, il se trouve projeté dans la civilisation. Valet de ferme dans un hameau, puis aide d’un ancien lutteur qui sillonne la France en roulotte pour se donner en spectacle, ce dernier mourant à son tour. Le garçon continue à déambuler, seul, à travers le pays. C’est un accident de la route qui le stoppe dans ces pérégrinations sans but : la roulotte est percutée par une voiture qui arrive en trombe avec la jeune Emma au volant. Victime d’un traumatisme crânien, il passe sa convalescence chez Emma et son père, une famille de la bourgeoisie. Finalement, il reste dans la famille et devient un peu le fils adoptif. Il s’éprend d’Emma et a d’abord des rapports très platoniques avec elle avant que ceux-ci ne deviennent franchement licencieux. La guerre de 14-18 est déclenchée, le garçon un peu inconscient se porte volontaire, rien ne sera plus jamais comme avant après cette horrible expérience.
Marcus Malte est vraiment très ambitieux avec ce roman d’apprentissage de plus de 500 pages où l’on accompagne ce personnage que la vie pousse sans qu’il résiste beaucoup tantôt vers des sommets vertigineux de bonheur, tantôt vers des gouffres abyssaux de malheur, il veut mettre beaucoup de choses dans son livre, le vocabulaire est extrêmement riche, le style très travaillé, il fait preuve plus d’une fois d’une belle érudition et il y a des pages d’une beauté à couper le souffle. S’il cède parfois un peu à la grandiloquence, si le récit est somme toute assez classique et pas forcément toujours très prenant, on reste tout de même assez estomaqué par l’ensemble et souvent aussi par le détail (scène hilarante de la crèche de Noël, scènes quasi mystiques d’amour, scènes dantesques de la guerre…) Prix Femina 2016.
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Avis: ***

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