La Force du sexe faible : contre-histoire de la Révolution Française / Michel Onfray. - Autrement, 2016. - (Universités populaires & Cie)

« Dans la Révolution française, les grands hommes ont été des femmes. » p. 23
« Quand il ne leur vient pas à l’idée de singer les hommes, les femmes sont un degré au-dessus de l’humanité qu’eux. » p. 31

Attendez-vous à une charge féroce contre Robespierre car Onfray est révolté contre l’historiographie dominante jacobine. Il glorifie les philosophes Helvétius, Beccaria, Condorcet, à la pensée avant-gardiste, pour le Droit des femmes (le Droit de vote notamment), l’égalité des sexes, pour la défense des opprimés, contre la Peine de mort et le sang versé… Cinq femmes au destin tragique qui gravissent dans la constellation girondine (Olympe de Gouges, Manon Roland, Charlotte Corday, Téroigne de Méricourt et Germaine de Staël) sont dépeintes ici, des femmes démontrant un courage stupéfiant dans la défense de leurs opinions (incroyablement modernes), dans leur résistance à la violence, au cynisme triomphant, et un sens aigu du sublime et de l’héroïque. C’est d’une révolution sociale dévoyée dont il est question, confisquée à son profit politique par Robespierre.
Se lançant dans un audacieux parallèle avec les 20e et 21e siècles, l’auteur se livre pour conclure à une diatribe contre les deux Gauches, celle qu’il appelle la Gauche des barbelés (Lénine, Staline, Mao, Castro, Pol Pot, Kim II-Sung, les dignes émules de Robespierre) et l’autre celle qui a vendu son âme aux sirènes du libéralisme, pour mieux encenser la Gauche libertaire et en faire comme un prolongement des idées et des méthodes des Girondins. Onfray nous a habitué à ne pas faire dans la demi-mesure (ce qui fait à la fois sa force et ses faiblesses), reste que ses points de vue font souvent bouger les lignes et donnent envie d’aller voir plus loin.
Voir la notice

Avis : **

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire