Ce vain combat que tu livres au monde / Fouad Laroui. - Julliard, 2016

Ils vivent en concubinage à Paris et ne sont guère préoccupés par les pratiques religieuses. Lui, Ali Bouderbala, est un informaticien marocain, elle, Malika Rochdi, est une institutrice française de parents marocains. Ali se dépense sans compter sur un gros projet d’optimisation de guidage de missiles pour Dassault dont il est pourtant sèchement écarté en raison de ses origines arabes. Blessé, il démissionne et commence à partir en vrille. Les rapports du couple deviennent détestables et Ali se radicalise sous l’influence de son cousin Brahim jusqu’à partir avec lui pour la Syrie. Lors d’interludes historiques, l’auteur pointe les maladresses et l’incompétence des occidentaux vis-à-vis du monde arabe, évoquant le désastreux accord Sykes-Picot du 16 mai 1916, accord franco-britannique relatif au démembrement et au partage entre les Alliés des provinces non-turques de l’Empire Ottoman (Syrie, Palestine…), le traitement catastrophique de la question de l’État d’Israël ou encore la politique pitoyable des Américains en Irak qui a largement poussé les Sunnites dans les bras de Daech.
Même si le roman est parfois un peu trop démonstratif, il y a de bons chapitres comme celui sur la façon dont les Européens s’attribuent indûment et systématiquement la première place dans l’histoire des découvertes scientifiques ou celui du dialogue entre une agnostique et un pseudo-musulman. Laroui cite plusieurs vers sans en mentionner les auteurs, présumant sans doute que tout bon Français connaît de mémoire l’intégrale de Rimbaud ou d’Apollinaire. Un roman de lecture facile et agréable, proche parfois d’une forme théâtrale, sur un sujet forcément d’actualité.
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Avis : **

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