California Girls / Simon Liberati. - Grasset, 2016. - (Ceci n’est pas un fait divers)

"Etre le plus fort c'est prendre appui sur la faiblesse des autres, amoindris qu'ils sont par leurs peurs, leurs manques, la faille est en chacun, le tout c'est de la déceler." Serge Joncour
Charles Manson, 1m54 pour 40 kg, 25 ans en cette année 1969 dont 16 en détention, ancien voleur de voitures, ancien proxénète. Il est installé dans un ranch de Californie où il vit entouré de gamines, la plupart mineures en fugue, qui l’adorent, couchent avec lui selon son bon vouloir et le prennent à peu de chose près pour un Dieu. Une communauté hippie où on se balade souvent à poil, on baise, on se drogue et on vit dans une crasse extrême. Manson pense que la fin du monde est proche et a prévu de sauver les siens en les emmenant dans le désert où il connaît un souterrain qui débouche sur un autre monde. Mais avant, manipulateur de première classe, il veut régler quelques comptes et ordonne à ses adeptes de tuer les occupants de la maison de Polanski, le célèbre cinéaste, parce que sa femme, la belle Sharon Tate, l’aurait regardé quelques mois plus tôt avec arrogance et mépris. Il s’agit donc ici, principalement, de la reconstitution minutieuse (pour ne pas dire maniaque), avec des descriptions cliniques (âmes sensibles d'abstenir...), du quintuple meurtre, un carnage commandité.
Les délires de Manson comme l’inexplicable attraction d’adolescentes ou de jeunes adultes sont très bien dépeints (à quoi les comparer aujourd’hui sinon à la dérive meurtrière djihadiste ?). C’est assez prenant jusqu’à cette apogée mais nous ne sommes qu’à la moitié du roman et pour être franc la seconde moitié n’est pas très emballante, la 5ème et dernière partie paraît même n'aller nulle part, un final décevant. Charles Manson, à bientôt 82 ans, une croix gammée sur le front, est toujours emprisonné en Californie.
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Avis : **

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