Sous la vague / Anne Percin. - Le Rouergue, 2016. - (La Brune)

Mars 2011 tsunami et catastrophe nucléaire à Fukushima. Le marché japonais des produits de luxe s’effondre et notamment les ventes des cognacs Berger-Lafitte qui ont intégré une holding et dont le plus gros débouché a toujours été le Japon. Bertrand Berger-Lafitte est l’héritier d’une grande tradition qu’il défend et refuse catégoriquement de s’adapter à la nouvelle situation, il s’oppose mordicus à la dénaturation de son produit par la création de dérivés pour écouler les stocks. Il a 56 ans, est divorcé, cauchemarde abondamment, trouve depuis l’enfance, même s’il accepte de jouer son rôle dans la comédie sociale, que l’existence manque de piment et s’absorbe durant les conseils d’administration dans la contemplation d’une estampe japonaise représentant la mort. Sa franche camaraderie avec Eddy, son chauffeur, un tatoué qui l’initie au cannabis, le maintient à flot. Sa fille, sans le prévenir, l’inscrit sur un site de rencontres tandis qu’elle-même se retrouve enceinte d’un improbable jeune syndicaliste. Quand la vie humaine devient aussi carnassière autant se réfugier dans la chaleur animale et c’est ainsi que les vrais évènements paraissent être l’apparition d’une biche, une corneille bloquée dans le conduit d’une cheminée, un carlin disparu dans les vignes ou un chaton coincé dans le tableau de bord d’une Mercedes.
C’est un roman sur le temps qui passe, les caresses de la femme aimée auxquelles il a fallu renoncer, la gamine qu’on chérissait qui s’est transformée brutalement en femme, l’évolution d’un monde professionnel dévoré par l’obsession d’un rendement dépourvu d’éthique, la recherche d’un évanescent écho d’un bonheur passé pour ne pas rester sous la vague.
Voir la notice


Avis : **

1 commentaire:

  1. «Il faisait chaud dans l'odeur des bêtes. Un parfum fort et tendre qui le ramenait à l'enfance, aux instincts primitifs, à la sécurité des choses immortelles.»

    RépondreSupprimer