Nora Webster / Colm Toibin. - R. Laffont, 2016. - (Pavillons)

 Irlande 1968-1972, après le décès de son mari Maurice Webster, Nora se retrouve seule à élever ses quatre enfants, les deux grandes qui commencent à prendre leur autonomie et Donal et Conor ses deux jeunes garçons. Pour vivre, il faut vendre la résidence secondaire, ce qui revient à brader les souvenirs, reprendre son travail de bureau abandonné il y a plus de vingt ans et supporter le regard des gens, leur insupportable commisération. Pas simple de gérer la situation et des enfants eux-mêmes perturbés par le décès de leur père. Nora est habituée à se soucier de ce que pensent d’elle les autres et à être économe. Pourtant petit à petit, elle commence à s’affranchir osant une teinture de cheveux, la prise de cours de chant, l’achat d'une chaîne stéréo, de disques, de robes, à revendiquer inconsciemment son droit à ne pas rester éternellement dans un deuil convenable, voire à avoir des activités qui n’auraient pas intéressé son défunt mari, qui l’éloignent de lui mais la rapproche de ce qu’elle est elle. L’évocation très réussie d’une tranche de vie par un auteur dont le précédent livre, Le Testament de Marie, ne m'avait pourtant guère emballé.
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Avis : ***

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