L’Indolente : le mystère Marthe Bonnard / Françoise Cloarec. - Stock, 2016. - (Bleue)

En 1893, le peintre Pierre Bonnard rencontre dans la rue une jeune femme dont il tombe éperdument amoureux. Elle travaille dans une boutique où elle fabrique des fleurs artificielles. Il s’agit de Marthe de Méligny, âgée de 16 ans, orpheline, fille d’un comte ou d’un baron italien. Elle devient non seulement sa compagne mais son égérie, son modèle presque unique. Ce n’est que 32 ans plus tard, à l’occasion de l’officialisation de leur couple par un mariage très tardif, que Bonnard apprend qu’elle lui a menti sur son prénom, son nom, son âge et ses origines (elle est fille d’un menuisier et d’une couturière du Berry). Cela ne change d’ailleurs pas grand-chose pour lui qui la connaît de bien d’autres manières infiniment plus profondes. Peintre sans maître et sans élève, à la fois bourgeois et bohème, artiste effacé, taciturne, refusant les honneurs, toujours un peu en marge, difficile à assimiler, il poursuit sa quête picturale dans une obsession de la couleur et de la lumière (une trajectoire que même les deux guerres mondiales ne modifieront qu'accessoirement). Mais elle qui vit de l’image qu’il lui renvoie commence à mal vivre son vieillissement et l’intérêt de son mari pour d’autres modèles. Au final, le mensonge originel de Maria Boursin alias Marthe de Mérigny sèmera un joli pataquès lors de sa succession et de celle de Bonnard. Le couple présenté est à l’évidence moins haut en couleur que, par exemple, celui composé de Diego Rivera et Frida Kahlo, sa vie pas franchement palpitante. Les traces laissées par Maria Boursin sont faibles mais c’est ici un beau travail de reconstitution, parfois d’imagination, qui permet de la sortir de l'ombre, et si les notes et les sources sont nombreuses et précises, on y verra plus une biographie romancée relativement grand public qu’un essai à proprement parler.
Voir la notice

Avis : **

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire