L’Administrateur provisoire / Alexandre Seurat. - Le Rouergue, 2016. - (La Brune)

A l’occasion du décès tragique de son frère, un frère hanté par la Shoah, le narrateur tente de soulever la chape de plomb qui pèse sur la famille. Raoul, l’arrière-grand-père, issu d’une famille parisienne, catholique et partisane de l’ordre, faisait partie sous Vichy du Commissariat général aux questions juives à un poste d’administrateur provisoire. Fonction peu reluisante qui consistait à recenser les entreprises dont les propriétaires étaient juifs, d’en prendre le contrôle avant d’en provoquer la vente par la contrainte et qui était souvent exercée par des personnes peu scrupuleuses en profitant, l’occasion était trop belle, pour pratiquer quelques petits détournements.
Autant La Maladroite en 2015 était « d’une pièce » (même s'il s'agissait d'un assemblage de témoignages) autant L’Administrateur provisoire est protéiforme, un peu déconstruit ou en cours de reconstruction, kaléidoscope d’images et de souvenirs, imbrication de rencontres, de documents originaux, de scènes imaginées (dont le procès de l’arrière-grand-père par exemple), autant dans La Maladroite l’auteur comme le lecteur savent où ils vont, autant L’Administrateur provisoire, au rythme de l’enquête menée, est balbutiant. Cependant les deux sujets convergent vers le thème de la responsabilité collective. Difficile de ne pas penser à Modiano (celui de Dora Bruder notamment) ainsi qu’à Alexandre Jardin (celui Des gens très bien), les deux étant d’ailleurs évoqués sans être nommés (le premier p. 94, le second p. 32).
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