La Suture / Sophie Daull. - P. Rey, 2016

Après son magnifique Camille, mon envolée sur la mort soudaine de sa fille à 16 ans, Prix du meilleur roman français Lire 2015, Sophie Daull poursuit son travail d’introspection. Cette fois-ci elle part à la recherche de sa mère décédée tragiquement lorsqu’elle n’avait que 19 ans. C’est donc à un pèlerinage généalogique, une déambulation à travers la France (Seine-et-Marne, Indre, Vosges, Franche-Comté) auquel nous sommes conviés dans ce que l’auteure appelle elle-même une fiction-reconstitution. Camille y apparaît encore parfois jusqu’à finir par se superposer à l’image de la mère. Moins percutant sans doute que son premier opus, néanmoins très intéressant, on y retrouve ce don de la formule lapidaire qui fait mouche : « J’ai fait le lit des morts, afin qu’ils nous engendrent. »
Dans une démarche qui peut faire penser un peu à celle de Jean-Louis Fournier, Sophie Daull brasse une matière riche qu’elle est loin d’avoir encore épuisée, d’avoir achevée de respirer, puisqu’elle évoque des pollens généalogiques. Allergisants manifestement.
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Avis : **

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