Berlin 2.0 / M. Ramadier ; A. Madrigal. - Futuropolis, 2016

Margot, jeune doctorante en philosophie, quitte Paris pour poursuivre ses études à Berlin, ville de la culture, de la jeunesse, de la fête dont elle rêve. Mais le rêve va très vite se confronter à la réalité plus difficile lorsqu'il s'agit de trouver un emploi : mini-job, salariés sous rémunérés, pas de sécurité sociale...
Cette BD fait voir Berlin à travers le regard de jeunes expatriés français qui trouvent malgré tout une ville attachante où il fait bon vivre. 
Bonne BD, très bien documentée.

J'enquête / Joël Egloff - Buchet-Chastel, 2016

J'enquête | Egloff, Joël. AuteurSous la neige, dans un village paumé, un détective privé sans le sou débarque, recruté par le père Steiger et son sacristain, pour résoudre l'affaire de l'enfant Jésus disparu de la crèche de Noël. L'hôtel où il loge est un véritable cauchemar : des miettes de pain traînent dans son lit, un artisan passe ses jours à refaire la peinture de la chambre (ceci expliquant cela), la femme de ménage omet de faire son travail (se ménage en quelque sorte..) et un voisin écoute trop fort des films (pornos comme il se doit) durant la nuit. L’Église ne semble pas avoir de quoi payer l'avance de salaire prévue et faute de mieux notre détective privé va devoir se résoudre à vider à son profit la corbeille d'osier contenant la recette de la quête.
Un enquêteur pathétique pas très volontaire manquant singulièrement de méthode et dont l'épouse, pendant qu'il grelotte de froid loin d'elle, va au cinéma avec son chauffagiste. C'est à la fois sinistre et drôle, du bon Egloff avec ce personnage de perdant (loser in english, of course).
Voir la notice

Avis : ***

Léo coeur d'indien / A.-G. Balpe. - Ecole des loisirs, 2016. - (Neuf)

Léo doit composer avec ses « particularités sensorielles », apprendre à s'adapter à un monde qu'il ne comprend guère. Il lui faut sans cesse des modes d'emplois pour se comporter "normalement", pour « comprendre comment on fait pour vivre au milieu des cow-boys quand on est un indien. »
Au début de l'histoire, Léo perd sa maman dans les couloirs du métro. Calamiti-Djène se propose de le recueillir le temps que sa maman le retrouve. Mais cette vieille dame excentrique, avec son chien Dostoïevski, semble elle aussi décalée et inadaptée à ce monde. Pour Léo, elle est une autre indienne qui « n'a pas eu la chance d'avoir des explications sur comment vivre parmi les cow-boys. »
Il y a un côté cocasse évidemment à lire les aventures de ces êtres déphasés mais le roman dégage une tristesse certaine devant le constat de leur solitude inéluctable, lorsqu'ils perdent pied.
Voir la notice

La dernière reine d'Ayiti / E. Fontenaille. - Rouergue, 2016. - (DoAdo)

Élise Fontenaille, dans son entreprise de nous faire découvrir des faits historiques méconnus, nous révèle un autre visage de Christophe Colomb, des plus cyniques, capable de dire à propos des Taïnos, peuple de Haïti « Ils ne portent pas d'armes sur eux, ils sont de mœurs pacifiques, bienveillants et accueillants par nature, sans violence ; cinquante soldats suffiraient pour les asservir tous. »
De fait, c'est un million de Taïnos qui seront exterminés en 40 ans. Un génocide total. 
L'histoire nous est racontée par le dernier d'entre eux, Guaracuya, qui pressent avant les autres la cupidité, la violence et la cruauté des espagnols. Tout cela avec l'assentiment  de l'homme d'église. Un roman qui instruit, glace, révolte.
Voir la notice

Les enfants de l'espoir : pour un monde solidaire / A. de Giry ; B.Pilorget. - Editions des éléphants ; Amnesty International France, 2016

La valeur n’attend pas le nombre des années. Les 8 enfants présentés ici en sont la preuve vivante. Qu’ils luttent contre le mariage et le travail des enfants, pour l’accès à l’éducation, la solidarité, ces enfants s’engagent dès le plus jeune âge non pour eux-mêmes mais pour le monde dans lequel ils souhaitent vivre : un monde plus juste, plus libre. L’ouvrage présente de manière très fluide la vie de ces enfants, leur cause, les prix qui viennent les récompenser : Prix Nobel pour Malala ; Prix international de la paix des enfants pour Kesz, Om, Buruani, Mayra.
Un livre porteur d’espoir, sauf peut-être en ce qui concerne l’absence d’enfants des pays dits favorisés (si l’on excepte Craig du Canada). A mettre entre toutes les mains donc, pour susciter des vocations !
Voir la notice

Y a-t-il quelqu'un dans Casimir ? / C. Castillon. - Ecole des loisirs, 2016. - (Médium)

Armande a 13 ans et a encore besoin de la présence d'une baby-sitter, à peine plus âgée qu'elle, pour supporter les absences de sa mère. Pour la première fois ce soir, elle sera seule, le temps d'une réunion parents-profs. Les ombres s’animent, les sons résonnent de façon lugubre, elle en est sûre : il y a quelqu'un dans l'appartement, un agresseur ?
Durant les 2 heures d'absence de la mère, Armande nous livre ses peurs les plus profondes, qu'elle sait irrationnelles mais la terrifient. Cela aurait-il à voir avec le départ du père, des années auparavant, et la promesse qu'il reviendrait, un jour ?
En découvrant l’intimité de ses parents, elle se confronte à son passé, à sa fragilité. Il est temps en tout cas de transformer cette peur.

Run Billie / C. Loup. - Gallimard, 2016. - (Scripto)

La chanteuse Billie, qui a sorti le groupe Run de l'anonymat, a disparu juste avant le début d'une tournée internationale. Caprice de star ? Suicide ? Enlèvement ? L'inspecteur Luka  Prajnic mène l'enquête : il interroge les autres membres du groupe, la famille de la jeune fille, ses amis. L'identité de Billie semble protéiforme : elle est Adèle de naissance, Anya de par son ascendance russe, Billie de son nom de scène... autant de facettes que l'inspecteur et le lecteur tentent de juxtaposer. Adèle se destinait à être institutrice mais la carrière fulgurante du groupe la propulse star. Issue de banlieue, elle découvre le milieu parisien du showbiz. Et il semblerait par ailleurs que sa vie amoureuse soit des plus éclatées. 
Qui est donc Billie ? A force de tourbillonner, papillonner, aurait-elle vaciller ? Si Billie est indéniablement le personnage principal du roman, si l'on parle d'elle à chaque page, à chaque ligne, elle n'aura jamais la parole et échappera à toute définition fixe. La forme du roman tient en haleine, tant l'on veut en savoir davantage sur ce fantôme intrigant. Mais elle tient également le lecteur à distance, l'empêchant de s'attacher à son héroïne. 
Voir la notice

ABC animaux = ABC animals / C. Evans. - Ah !, 2016

Dans la forme, c'est un abécédaire classique, avec à gauche la lettre en écritures script et cursive ;  à droite l'illustration de l'animal. Les plus : l'approche bilingue, français-anglais et surtout un graphisme à la fois hyperréaliste et hypnotique, constitué d'une infinité de détails aux éclats métalliques ;  graphisme qui se retrouve en écho dans la lettre. Ajoutés à cela quelques ombres en filigrane, des fonds aux couleurs vives mais non agressives, tout concourt à un livre soigné et très esthétique. Ah !
Voir la notice

Ces rêves étranges qui traversent mes nuits / S. Leclerc. - Ecole des loisirs, 2016. - (Médium)

Robin vient d'être exclu du collège. A quelques semaines des grandes vacances et de ses 16 ans, il a été décidé qu'il ne retournerait pas en classe. Vague perspective d'avenir : s'inscrire bientôt en lycée professionnel. Exclu aussi de la vie de sa mère. Durant 16 ans, elle a géré, porté à bout de bras, elle ne veut plus rien savoir de lui, sauf s'il réussit à être heureux... Robin va donc vivre chez son père -leur relation étant « remplie de griefs, de déceptions et d'amertume »-, qui lui-même vit surtout chez sa nouvelle compagne Guilaine. Les journées peinent à prendre consistance...
Des parents fatigués, un Robin déphasé qui ne sait pas quoi faire de sa vie, balloté dans  « un no man's land, (...) attentif à tout, et où tout était peut-être possible... »
De fait, il rencontre Jujube, le fils de Guilaine, capable à 9 ans de déclarer « Je n'ai aucun humour. Je n'ai que des déboires » ou encore « On ne me comprendra qu’après ma mort. » Les deux garçons s'apprivoisent. Par ailleurs, il rencontre des lycéens passionnés de cinéma et se joint bientôt à la bande. Se pourrait-il que la vie de Robin réponde enfin à ses aspirations, qu'il soit en Devenir ?
« Moi j'attendais autre chose. Je ne savais pas quoi, j'étais incapable de le formuler, mais c'était autre chose. Tout ce que je savais c'est que c'était immense, et que j'ignorais si j'en étais digne. » 
On peut comprendre que Robin le personnage fatigue ses parents, mais Robin le narrateur est des plus agréables. Derrière le flegme, il possède un humour discret, une ouverture d'esprit et une gentillesse qui à n'en point douter lui garantissent un bel avenir.

Une journée parfaite / J. Yerkes. - Notari, 2016. - (L'oiseau sur le rhino)

Au fil des pages, la journée s'anime, aux sons des habitants de la forêt. Co-oa-a... Rah-rah !... Ssss... Bientôt, le ciel apporte sa contribution tonitruante à la partition. Puis à nouveau, tout s'apaise...
Graphisme doux et couleurs harmonieuses pour la  « symphonie d'une parfaite journée d'été. » A contempler pour se rasséréner.
Voir la notice

Non-Non est énervé mais ne sait pas pourquoi / M. Le Huche. - Tourbillon, 2016

Un ornithorynque de mauvais poil c'est pas joli joli. Mais c'est surtout, sous la plume de Magali Le Huche, très plaisant. Le pauvre Non-Non cumule les déconvenues, malchances, bobos, soucis... Seule solution, aller au lit et terminer cette journée au plus vite. A moins que ?
Mimiques drôles, regard pertinent sur la mauvaise humeur, remède réjouissant, cet album au format intimiste et style BD poursuit avec bonheur cette série sympathique.
Voir la notice

L'abécédaire des émotions / M. Moniz. - Hélium, 2016

A comme audacieux, B comme bizarre, C comme curieux... vous aurez compris le principe du livre, à une lettre de l’alphabet correspond un adjectif. Sous-titré, « je me sens… », il décrit les émotions ressenties par le petit héros de l’album.
Cet album est une réussite visuelle ; à gauche, la lettre et l’émotion associée, à droite l’illustration de cette émotion, mettant en scène un petit garçon. En outre, l’illustration joue sur des graphismes très travaillés, des motifs répétitifs, des perspectives surprenantes. Au final, un album magnifique en tout point… dès 4 ans.

Le goût sucré de la peur / A. Chardin. - Magnard jeunesse, 2016

Louise, 11 ans, affublée du sobriquet de Boulette par certains camarades, est très complice de son frère Joseph, d’un an son aîné. Les deux jeunes gardent leur distance au collège mais se retrouvent dès la sortie pour courir la campagne ensemble. Non loin de là, vit une vieille dame, dans une demeure quelque peu sinistre, entourée d’un vaste parc. Surnommée l’Ortie, la dame effraie les enfants, par son comportement hostile et revêche. En revanche, elle entretient avec un soin attentif son potager, qui attire les convoitises de Joseph et de ses camarades. Lorsque Louise apprend que son frère et sa bande veulent organiser une expédition de maraude dans le jardin de l’Ortie, elle est bien décidée à y prendre part. D’abord opposé à sa participation, Joseph finit par céder et convaincre la bande de l’accepter. Le jour de l’expédition, Louise, très effrayée, va découvrir l’Ortie, sous un nouveau jour… Dès ce moment, Louise n’aura de cesse de vouloir rencontrer la vieille dame. A son contact, Louise va s’épanouir et grandir, alors que Jeanne, l’Ortie, va sortir de son isolement et lui révéler le secret qui la ronge depuis tant d’années…
Dans un style léger et vif à la fois, Alexandre Chardin dépeint avec tendresse des personnages très attachants. Il décrit avec justesse le délicat passage de l’enfance à l’adolescence de Louise. Les relations entre Louise et la bande sont très réalistes ainsi que la complicité entre Louise et Jeanne, empreinte de chaleur. Ce roman est également un hymne à la nature, au bonheur de cultiver son potager, savourer un moment partagé dans le jardin. Un roman sur les valeurs humaines, simples et essentielles, le partage, l’entraide, les liens entre les générations, la complicité, l’amitié. A lire dès 10 ans.

Un castor très occupé / N. Oldland. - Bayard, 2016

Il est davantage que très occupé ce castor, cela confine à l'hyperactivité et à l'égoïsme. Il ronge sans réfléchir, de façon compulsive jusqu'à créer autour de lui un territoire de désolation (Tiens ! Il nous rappelle une autre espèce, humaine celle-ci...). Arrive ce qui devait arriver, il blesse autrui puis se blesse. Inactivité forcée. Vient alors le temps de la remise en cause et de la réparation. 
Nous sommes ravis de retrouver -avec des clins d’œil dans l’illustration- le troisième volet de cette série drôle et tendre. L'album est simple, mais message et illustrations se lisent à plusieurs niveaux.
Voir la notice

Ma meilleure amie s'est fait embrigader / D. Bouzar. - La Martinière, 2016

Sarah et Camille ont grandi ensemble, possèdent une complicité à toute épreuve. C'est du moins ce que croyait Sarah avant que Camille ne prenne ses distances jusqu'à même cesser de lui parler. Sarah comprend que son amie s'est enfermée dans une pensée radicale qui considère que tout mécréant n’adhérant pas à la pensée islamiste est un ennemi. Les chapitres alternent les points de vue des deux amies.
On trouve légitime le dégoût de Camille d'une société violente, injuste et égocentrique ; beaucoup moins, toujours moins au fil des pages, la manifestation de cette révolte.
« Quand on n'a plus de grille de lecture politique, on se réfugie dans le divin. »
Quant à Sarah, musulmane, elle donne une lecture historique du coran et de l'islam, mettant à mal les interprétations de son amie et de ses "frères".
Autre aspect intéressant du livre :  « L'identité du groupe remplace sa propre identité », groupe qui s'organise en tribu numérique dans laquelle Facebook joue un rôle de facilitateur d'embrigadement. Un embrigadement individualisé, sur mesure, la stratégie consistant à isoler les jeunes de la famille, de leurs amis, à les valoriser comme faisant partie d'une grande mission divine.
Il faudra donc comprendre comment Camille a été "hameçonnée" pour pouvoir l'aider. « Pour détricoter ce processus, il faut bien l'identifier. » Et comme « on ne peut toucher leur cerveau pour le moment, touchons leur cœur et leur inconscient » en se comporter avec eux comme dans leur enfance.  Une « chaîne humaine » doit se mettre en place, patiente et persévérante, pour déconstruire le carcan de haine. 
A travers l’histoire de Camille et Sarah, Dounia Bouzar donne à voir, à comprendre une réalité qui nous est étrangère. Elle se fait l'écho des jeunes revenus de Daesh qui témoignent d'une réalité bien différente de celle vendue par les "frères". Ce qui est louable dans ce réquisitoire, c'est l'appel à la compréhension, à l'empathie pour lutter contre un phénomène qui provoque facilement la haine. N'oublions pas qu'avant d'être embrigadés, ces jeunes étaient des ados comme les autres.
Voir la notice

Le petit barbare / R. Moriconi. - Didier jeunesse, 2016

Le petit barbare, bien décidé à combattre, enfourche sa monture avec courage. Armé de son épée brandie à bout de bras et de son bouclier, il défit tous les dangers ; mer de serpents, pluie de lances, armée de cyclopes, scorpion géant, champ de plantes carnivores, etc. Rien, ni personne ne saurait l’arrêter, sauf… sauf un ennemi beaucoup plus grand et plus fort que lui…
Cet album sans texte, au format oblong singulier, illustré de belles aquarelles, nous vient du Brésil. L’histoire fait appel à l’imagination des petits et des grands… avec une belle surprise finale. Dès 3 ans.

Monsieur Chocolat, le premier clown noir / B. Rivière ; B. Pilorget. - Rue du monde, 2016. - (Grands portraits)

Redécouvert avec le film « Chocolat », réalisé par Roschdy Zem, avec Omar Sy dans le rôle-titre, le clown Chocolat a connu une existence exceptionnelle. De son vrai prénom Rafael, né à Cuba dans les années 1868, il est le fils d’esclaves en fuite. Recueilli par une vieille femme dans le port de La Havane, il est acheté par un marchand et embarque à bord d’un navire, destination l’Europe. Débarqué à Bilbao en Espagne, Rafael, qui s’est juré de vivre libre, préfère vivre dans la rue, chantant, dansant dans les bars. C’est là qu’il se fait remarquer de Tony Grice, clown anglais célèbre, qu’il va suivre dans sa tournée européenne. A Paris, Rafael rencontre un franc succès, il se choisit alors son nom de scène « Chocolat ». Le clown anglais Foottit, qui a vent de son talent, le rencontre, ainsi naît le célèbre duo Foottit et Chocolat. Ils sont contemporains de la Belle Époque, une époque de progrès, mais aussi une période d’expansion coloniale, s’illustrant notamment dans les expositions universelles où on expose sans honte les tribus des différents continents.
Cet album restitue le parcours de Rafael, son combat pour la liberté mais aussi le contexte de l’époque à travers un très riche dossier documentaire, qui retrace l’origine des clowns, le climat de la Belle Époque, le triomphe de Chocolat, ainsi que son héritage, il a été en effet le premier clown à jouer devant les enfants dans les hôpitaux. Un bel album à partager à partir de 9 ans.

Le complexe du papillon / A. Heurtier. - Casterman, 2016

A quel moment Mathilde a-t-elle perdu le contrôle ? Jusqu’ici, tout allait bien, manger moins, courir, elle avait quelques semaines devant elle pour entrer dans cette robe splendide et séduire, peut-être, le beau Jim au mariage auquel ils sont conviés. Mais lorsque le nombre de calories avalées et le tigh gap deviennent une obsession, la meilleure amie de Mathilde la met en garde. Mathilde ne veut rien entendre, s'enferme et sombre.
Le sujet n'est pas rare en littérature jeunesse, Annelise Heurtier l'aborde ici de façon juste. Les causes et les étapes, la distorsion de la réalité -Mathilde se voit comme une « chenille flanquée de deux énormes cuisses »- tout cela est évoqué en subtilité malgré un texte court.
Voir la notice