La théorie du grand tout / J. J. Johnson. - Alice, 2016. - (Tertio)

Il y avait le monde avant la mort de Jamie. Et il y a celui d'après. Tout ce qui subsiste de cette période heureuse, c'est Stenn, le petit ami de Sarah, assez héroïque pour supporter ce qu'elle est devenue, une « boîte à sarcasmes » qui tient tout le monde à distance. 
« Parle nous suffisamment pour qu'on pense que tu vas bien 
mais ne dis pas ce que tu penses vraiment. 
Ça nous met mal à l'aise. 
Et Dieu sait qu'il ne faudrait pas que nous soyons mal à l'aise. »
Entre chaque chapitre, des graphiques, des tableaux comme pour mieux cartographier une vie en perte de repères cherchant désespérément un sens. Comment serait-ce possible d'ailleurs lorsqu'on mesure que tout peut cesser d'une seconde à l'autre, qu'on peut perdre sa meilleure amie sans que rien ne nous y ait préparés. Et qu'on se sent responsable qui plus est.
La patience de ses parents est à bout : ils menacent de la séparer de sa chienne adorée. Quant à son frère, il ne la voit que comme une fille égocentrique. Il faut que les choses changent. Et pour cela, Sarah doit sans doute laisser sa chance à ceux qui veulent l'approcher.
Sarah est une narratrice très attachante parce qu'elle se débat sous nos yeux pour sortir de sa colère, de sa peine, de son incompréhension d'un grand tout qui peine à trouver sa cohérence. Cette lutte intestine sonne extrêmement juste, entre rires caustiques et gorge nouée.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire