Fans de la vie impossible / K. Scelsa. - Gallimard, 2016. - (Scipto)

Jérémy, Mira et Sebby sont les « membres d'une petite tribu » qui tente de combattre ses démons. Ils se racontent tour à tour, avec une narration originale et révélatrice :
Jérémy est le narrateur dans sa forme classique, dit Je, raconte la peur qui le paralyse trop souvent.
Mira, Elle, lutte constamment contre « les démons de la tristesse, (...) les raisons de ne pas vivre ». « Quand elle tombe dans les profondeurs de cette fatigue extrême,  elle s'enfonce dans une absence de possibilités. Elle a le sentiment de n'être qu'un tas de chair enchaîné sans raison à cette planète ». La compréhension de sa famille a ses limites : son père « estime que la dépression est un luxe que se paient les gens qui n'ont pas de véritables problèmes et qui ne comprennent pas l'importance de travailler dur. »
Sebby enfin, moins présent et avec la distance du Tu,  tente d'éloigner la solitude par une fantaisie exacerbée. Il n'hésite pas à  « mentir comme on respire, car ce sont les deux seules choses qui te permettent de survivre. »
Ensemble, ils veillent les uns sur les autres et se motivent : « Puissions-nous vivre l'impossible ! »
Le roman suivra leur fougue née d'une solidarité fondatrice basée sur l’honnêteté envers soi-même, mais aussi les affres d'un malaise tellement puissant.

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