Blood Family / A. Fine. - Ecole des loisirs, 2015. - (Médium)

Eddie a passé ses sept premières années totalement cloîtré, à redouter la violence d'Harris. Ce dernier s'est tant acharné sur la mère d'Eddie qu'elle n'est plus en mesure de le protéger. Et puis un jour, c'est la libération : la découverte du monde extérieur, de personnes bienveillantes et surtout de soi-même. Mais comment savoir qui l'on est lorsqu'on a eu pour seuls contacts un homme ultra violent et une mère  continuellement hagarde ? Sa plus grande chance, son unique bagage : avoir pu regarder inlassablement les émissions éducatives et positives de Mr Perkins.
Alors sur la base de ces quelques connaissances, Eddie observe, imite, déduit et s'en sort remarquablement. Enfant timide, attachant, nerveux et très intelligent, il s'adapte à sa famille d'accueil, puis à sa famille d'adoption. Mais son père adoptif le sait : la douleur « est toujours là. Toujours. Tapie dans l'ombre comme un ennemi qui les observe et attend l'occasion de leur faire un croche-pied. » L'occasion ? Le jour où Eddie comprend qu'Harris était davantage que le compagnon de sa mère. Il est le père d'Eddie. Dans un malaise qui le pousse aux addictions, la question de l'identité revient en force : peut-on échapper au poids de l'hérédité ?
Anne Fine, après Le passage du diable (auquel elle fait d'ailleurs ici un clin d’œil), poursuit dans le registre de l'angoisse. Le roman est tout en tension, raconte la difficile émancipation d'un enfant qui cherche avec avidité le sentiment de sécurité. Anne Fine donne la parole non seulement à Eddie mais également à toutes les personnes qui lui viennent en aide. De quoi apaiser Eddie et le lecteur...

« Je m'étais mis à aimer passionnément les livres. J'avais l'impression que chacun d'eux me donnait des clés pour devenir normal. Qu'ils n'avaient été écrits que pour moi, comme autant de cours particuliers tranquilles et sans danger, sur la façon de vivre des autres. »
Voir la notice

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire