Les Portes de l'enfer / Harry Crews. - Sonatine, 2015

Fan d’Harry Crews comme je suis, j’ai été agréablement surpris de voir débouler aux éditions Sonatine un puis deux inédits de cet auteur génial dont je croyais avoir à peu près tout lu.
Ce fut d’abord « Nu dans le jardin d’Eden » paru en 1969 aux États-Unis (2013 en France), excellent livre avec une fin dantesque, et puis voilà donc Les Portes de l’enfer paru en 1970 aux États-Unis, deux inédits parmi ses plus anciens romans publiés dans l’édition américaine.
L’histoire se déroule à Cumseh, une petite ville de Géorgie et essentiellement autour d’une maison de retraite. On y traite de vieillesse, de misère sexuelle, de sentiment de solitude… Et ça serait absolument sordide sans cette ironie dévastatrice. Comme à son habitude, Harry Crews fait se rencontrer, voire se télescoper, les personnages les plus improbables : Junior Bledsoe, un type habillé tout de vert et qui rôde dans les lieux en cherchant à vendre des concessions funéraires, Carlita Rojas Mendez, une femme énorme aux pratiques vaudou, Sarah Nell, une femme d’1m83 tombée amoureuse par correspondance du masseur de la maison de retraite qu’elle imagine faisant 1m98 alors qu’il s’agit d’un nain d’à peine plus d’un mètre… Nous sommes à n’en pas douter dans l’univers déjanté d’Harry Crews, on se plonge avec délice dans ce tableau saisissant même si, à mon sens, ce n’est malgré tout pas l’un de ses livres les plus efficaces. Vivement le prochain inédit qu'on puisse y retourner.

Avis : **

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