L’Atelier des morts / Daniel Conrod. - Buchet-Chastel, 2015

Daniel Conrod s’adresse à ses morts et n’est pas avare en rancœur. Ce n’est pas règlements de compte à O.K. Corral mais c’est tout de même proche du « famille, je vous hais » d’André Gide. Il y a le frère aîné, Jean-Marie, qui paraît perpétuellement absent de sa vie, la mère, la très pieuse Marie, décédée alors que l’auteur n’était qu’un petit bout de chou, et le père, Léon, un tyran domestique dépourvu d’affection pour ses enfants et avec lequel il est difficile de régler l’addition d’une vie. « Guérit-on jamais de son père ? », à lire les derniers livres de Sorj Chalandon, de Yann Quéffelec…, on peut se poser la question. Il y a aussi l’oncle, René Jean-Marie, un prêtre au comportement franchement dérivant durant l’Occupation. La seule à trouver grâce aux yeux de Daniel Conrod est sa demi-sœur, Odile, qui n’a vécu qu’une poignée d’heures et qu’il rebaptise Iphigénie comme s’il s’agissait d’une victime expiatoire.
C’est une chose étrange que cette espèce de chronique familiale franc-comtoise (le terme fort juste de radiographie a été employé par un critique littéraire) mais qui vaut le détour.
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Avis : **

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