De la part du diable / A. Basso. - Thierry Magnier, 2015

Dorothe, tout juste 15 ans, va se marier à un homme beaucoup plus âgé qu'elle. Elle redoute ce passage à l'âge adulte d'autant qu'elle doit quitter le Danemark et sa famille pour la Norvège où son mari exercera sa nouvelle fonction de procureur : « Maîtriser ce peuple sans Dieu et la sorcellerie qui prolifère. »
Parallèlement nous suivons l'histoire d'Elen, fille de Marja. Certains qualifient cette dernière de catin mais elle ne fait qu'offrir « chaleur et réconfort aux nécessiteux, et les plus nécessiteux étaient les hommes. »  Elle a aussi le don de soigner les êtres, d'apaiser les souffrances, d'arrêter le sang. Tel est l'héritage qu'elle lègue à Elen. 
Le destin de ces deux jeunes filles vont se croiser lors d'un événement critique...
Elen et Dorothe se partagent les chapitres de ce roman, nous donnant à entendre les mentalités de l'époque. Le maléfice est à l’œuvre et l'on sent souvent « la puanteur des émanations de l'enfer. »
Ce qui est troublant c'est qu'il n'y a pas d'intervention extérieure de l'auteur qui rationaliserait les événements.
Il faut attendre la toute fin de roman pour voir se jouer le mécanisme de la chasse aux sorcières. Le roman est ambigu et fin, jouant sur le fantastique tout en montrant le rôle sous-jacent de la psychologie (notion évidemment étrangère à l'époque) dans les motivations des personnages persécuteurs ou persécutés.
Au cours du 16e et 17e siècle, entre vingt mille et quarante mille personnes ont été exécutées pour sorcellerie en Europe, principalement des femmes parce qu'elles sont -naturellement- plus faciles à séduire que les hommes par le pacte démoniaque...
La liberté se paie dans le sang.
« Ce sont les plus faibles qui se marient Elen, ceux qui n'y arrivent pas tout seuls, incapables de tenir tête à la vie. Les plus forts restent libres et vivent mieux. Ils ne veulent être régentés par personne et ne veulent régenter personne. Penses-y et ne l'oublie pas quand un jour, ce sera à ton tour de faire ces choix. Car tu as le choix. C'est le plus important. »
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