Nous, les enfants sauvages / A. de Poncheville. - Ecole des loisirs, 2015

Imaginez un monde où les animaux ont entièrement disparu... Où seules quelques images, quelques films subsistent. Quelques rares spécimens vivants aussi, que l'on se hâte d'exterminer...
Ce monde est celui que nous projette Alice de Poncheville. Après une épidémie contaminant les animaux, puis les êtres humains, « un tiers de la population humaine périt (...) Les animaux survivants furent abattus. » Il en résulte, outre ce monde amputé du vivant animal, que le nombre d'orphelins a explosé, ces derniers étant accueillis au sein de Maisons des enfants.
C'est dans ce contexte que Linka et sa petite sœur grandissent, avec pour Linka un questionnement grandissant sur la société qui l'entoure. Davantage encore depuis qu'elle a trouvé Vive, créature mouvante à laquelle elle est étrangement connectée. « Linka se demanda si l'on ne pouvait pas trouver un moyen de laisser une place aux animaux, à la vie même, sans rien lui demander en échange. »
Au fur et à mesure des rencontres et des événements, Linka creuse le rapport homme/animal, découvre la responsabilité de l'homme sur l'origine du virus, avec les « pratiques insensées » des « fermes intensives remplies de milliers d'animaux de boucherie » niés dans leurs droits les plus élémentaires. Fortes de cette prise de conscience, Linka et sa sœur rejoindront le mouvement des Enfants sauvages déterminés à redonner une place aux animaux, à la vie : « Chaque génération a une nouvelle guerre à mener » ; « Le courage c'était ça, opposer sa fragilité à la laideur du monde. »
C'est un récit incroyablement sensoriel, très beau dans les passages décrivant la découverte des animaux par les enfants ; la symbiose entre les animaux humains et non humains génère une sensation de bien-être alors palpable.
« Le regard des oiseaux, c'est ... c'est comme si mille questions te tombaient dessus en même temps. Et mille réponses aussi ! Et pas forcément les réponses qui vont avec les questions. »
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