Journal de la canicule / Thierry Beinstingel. - Fayard, 2015

C’est un peu l’histoire de Monsieur Tout le monde. Il est employé comme dessinateur industriel au service de la voirie d’une ville de province. Il a acheté une petite maison puis s’est marié, tardivement. Sa femme qui étouffait dans cette maison est partie au bout d’un an sans lui faire l’enfant qu’il aurait aimé avoir. Il a 49 ans et est taciturne. Il occupe sa semaine en allant voir sa mère à la maison de retraite, qui lui a toujours préféré son cadet, et de courtes vacances dans des campings bon marché. Alors, cet été de la canicule 2003, lorsqu’on lui demande d’annuler une partie de ses congés pour des travaux urgents, cela ne le dérange absolument pas.
L’absence prolongée des occupants de la maison en face chez lui l’intrigue (puis l'obsèdera). Il réussit à s’y introduire et, trouvant un carnet vierge dans la chambre de la fille, il commence à écrire un journal intime pour coucher sur le papier ses nombreuses visites et ses hypothèses tragiques sur ces mystérieuses disparitions. « Ma vie se résume à une suite d’absences, finalement, jusqu’à la voisine qui a disparu. » Lui qui n’a jamais écrit plus que quelques cartes postales dans l’année, commence à se surprendre en écrivant. Se sentant un peu coupable d’effraction, il se dit de plus en plus que sa conduite pourrait paraître suspecte et son journal lui servir de justification. De fil en aiguille, il s’aperçoit que c’est peut-être bien lui-même qui est absent de sa propre vie et qu'il recherche à travers l'écriture.
C’est un très beau moment de lecture. Très agréable et intelligemment fait.

Avis : ***

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