Otages intimes / Jeanne Benameur. - Actes Sud, 2015. - (Domaine français)

Etienne est photographe de guerre. « L’appareil photo l’a toujours soulagé de la vue » mais ce jour-là il marque un temps d’arrêt, il regarde au lieu de photographier et de s’en aller. C’est ainsi qu’il se retrouve kidnappé et pris en otage. Libéré après une pénible captivité, il essaye de se comprendre, de se reconstruire parmi ses proches et dans son village. La romancière veut nous convaincre ici que quelle que soit la dureté extrême de l’expérience d’Étienne, nous avons tous à nous délivrer de nos prisons intimes, que nous sommes tous otages à des titres divers et souvent nos propres geôliers. En se décentrant assez souvent de son personnage principal, surtout dans la seconde moitié du livre, pour s’intéresser à tous les autres individuellement, elle n’échappe pas totalement à une sensation de mélo. Reste que les trois personnages féminins, Irène la mère, Emma l’ex-compagne, Jofranka l’amie d’enfance, sont puissants. La langue de Jeanne Benameur est toujours aussi belle, aussi limpide, cristalline disent certains. Un bon livre sans atteindre à mon avis ce qu’elle a fait de mieux.

Avis : **

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