Nous voulons tous mourir dans la dignité / M. de Hennezel. - Laffont, 2013

Un énième, et pour autant pas inutile, opus de Marie de Hennezel dans son combat pour une mort digne sans loi autorisant l’euthanasie, pour un véritable accompagnement humain de la fin de vie, un véritable traitement de la souffrance physique et morale. Une mise en garde supplémentaire sur la banalisation de l’euthanasie qu’entraînerait sa légalisation et sur les dérives à l’évidence inévitables. Un véritable enjeu de société à l’heure où la Gauche au pouvoir en France est tentée d’élaborer une loi, qu’excluaient catégoriquement François Mitterrand comme Robert Badinter, plutôt que de réfléchir à une réelle mise en œuvre des soins palliatifs et de la loi Leonetti de 2005 qui instaure notamment l’interdiction de l’acharnement thérapeutique. Il ne s’agit pas tant de dignité de la mort que de dignité de la fin de vie et de ne pas être honteux d’être encore en vie.

On n’adhérera pas forcément aux idées d’Hennezel lorsqu’elle suggère dans certains cas des euthanasies et des suicides assistés illégaux mais qui ne seraient pas poursuivis par la justice. Il ne paraît pas très raisonnable ni très cohérent de substituer à la légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté un pseudo bon sens humanitaire qui permettrait à chacun de faire le tri entre les désespérés à secourir et ceux, parfaitement sain d’esprit, dont la décision mériterait d’être respectée. « Ne pas légaliser mais savoir ne pas punir » dit-elle. N’est-ce pas remettre dangereusement une appréciation, un pouvoir exorbitant, dans les seules mains d’un médecin isolé ou pire encore dans celles de particuliers, de membres de la famille ? N’est-ce pas, quels que soient les dangers d’une légalisation, totalement absurde et accepter d’en perdre le contrôle que de penser autoriser ce que l’on juge par ailleurs illégal ? Ne faudrait-il pas un minimum de garanties et qui pourrait en être le garant sinon… la loi ? Maintenir la situation actuelle n’est pas satisfaisant, légaliser est source de réelles dérives, voilà les données du problème.
Une saine réflexion quels que soient nos points de vue individuels.
Proposition de lecture : « La Mort moderne : scènes de la phase terminale de l’être humain », un roman du suédois Carl-Henning Wijkmark écrit en 1978 et qui fait réellement froid dans le dos.

Avis : **

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire