Les Prépondérants / Hédi Kaddour. - Gallimard, 2015. - (Blanche)

Prépondérants (Les) | Kaddour, HédiLes années 1920, dans un protectorat français d’Afrique du Nord. Un groupe d’Américains se rend sur place pour tourner un film. Par leur liberté de mœurs, ils bousculent une société où des colons français très conservateurs veulent régner sans partage, exercer leur prépondérance sur un peuple arabe. Parmi ce peuple, les uns sont asservis et pacifiés mais d’autres sont discrètement réformateurs voire révolutionnaires, rêvant d’indépendance.

Hédi Kaddour, Goncourt du premier roman en 2006, dresse une fresque très vivante de ce milieu, avec ses oppositions et ses attirances, une galerie de portraits aux personnages forts et contrastés. Le style est original et particulier, on y trouve des phrases assez interminables qui nous prennent et nous emportent comme des vagues successives. C’est un livre très dense. On éprouve un peu de lassitude sur la première partie qui pose le milieu mais le roman prend son rythme dans la seconde et débouche sur des scènes remarquablement décrites dans la troisième et dernière partie. Chaque scène doit tout dire sans que l’auteur ait recours à des discours philosophiques. Il réussit à nous montrer comment à travers les rencontres, les amours, les idées, les cultures s’entrechoquent et s’amorce une rupture avec l’immobilisme, rupture qui semble annoncer les changements à venir, dont on ne sait encore s’ils seront heureux, le dernier chapitre évoquant d’ailleurs comme un mauvais présage une rarissime invasion de sauterelles, baptisées pour l’occasion « bêtes de l’enfer ».

Avis : ***

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