La Petite femelle / Philippe Jaenada. - Julliard, 2015

Voilà un livre absolument passionnant. Un pavé de 700 pages sur l’affaire Pauline Dubuisson (1951) que nous ne résumerons pas ici sauf pour dire que Pauline tue de trois balles son ami Félix qui s’est fiancé avec une autre. Le procès ressemble à un lynchage peu objectif et qui paraît reposer plus sur le fait que Pauline est considérée comme une femme de mauvaise vie, ses mœurs (notamment son passé durant l’Occupation allemande de Dunkerque), que sur son crime. Si on peut entendre le choix de l’humour fait par l’auteur, on mettra tout de même au chapitre des regrets :
- un peu d’inélégance d’entrée dans la critique du livre (pourtant superbe, même si dans une autre optique) de Jean-Luc Seigle (« Je vous écris dans le noir ») paru un an plus tôt sur le même sujet et sans lequel je n’aurais probablement pas lu celui-ci.
- des digressions nombrilistes, absolument superflues et souvent déplacées (sur le mot saucisse p. 31, sur une biture de l’auteur p. 216 à 222, sur sa femme qui l’a trompé p. 244 et encore p. 545…)
- un persiflage excessif : « Et le cul de ma tante, c’est du poulet basquaise » p. 411, « Ça va chier des bulles » p. 576
Malgré tout cela, qui peut être parfois horripilant, Jaenada se livre ici à un long et impressionnant travail de reconstitution, savamment documenté et digne d’admiration.
Enfin, on se demandera, une fois encore, alors que l'auteur affirme avoir voulu réaliser une parfaite non-fiction, comment celle-ci peut se retrouver au rayon "Romans".

Avis : ***

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