Daniel Avner a disparu / Elena Costa. - Gallimard, 2015. - (Blanche)

Premier roman. Durant l’Occupation, la grand-mère, les parents et la sœur de Daniel Avner sont raflés au moment où le grand-père est parti chercher son petit-fils chez un voisin pour le ramener avant le couvre-feu. Le grand-père élève donc Daniel seul, sans pouvoir s’empêcher de passer sur lui sa colère en le frappant et en l’humiliant en l’envoyant au célèbre hôtel Lutetia attendre l’impossible retour de ses parents, comme lui avait espéré celui de la grand-mère. Daniel entretient une volonté de souffrir, de se priver, pour être au niveau de ce qu’a enduré ses parents. C’est aussi une façon d’entretenir le souvenir, d’empêcher qu’il s’efface. Daniel est indirectement aussi une victime du nazisme. Il parviendra partiellement à surmonter son état en rencontrant Dora et en lui faisant un enfant, mais il n’échappe pas à sa prison intérieure, à ce que l’on appelle la culpabilité des survivants, au point que le poids du passé entrave encore la génération suivante. Le roman est une méticuleuse analyse psychologique, une étude fine des contradictions et des antagonismes. C’est vraiment très bien fait, court et efficace. Une auteure prometteuse.

Avis : ***

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