Camille, mon envolée / S. Daull. - Philippe Rey, 2015

C’est un hommage bouleversant comme on aimerait être en mesure d’en porter à chacun de nos envolés. L’hommage d’une mère à sa fille de 16 ans qui en 4 jours cède le statut de grippée à celui de décédée. De façon irrémédiable et incompréhensible. Sophie Daull nous convie à sa peine insondable, tellement familière pour qui a vécu le deuil, nous invite dans son intimité en interpelant sa fille (« Tu t’es couchée avec 38° et la tête lourde. Tu ne t’es jamais relevée»), en évoquant Papa (« Papa est hanté, je le sens, par l’absence de réponse»).
Le ton est juste, qu’il exprime la peine insondable, l’hébétude de continuer à vivre, même s’il s’agit d’une « vie mimée », d’une « vie talée » ou encore les « mauvaises pensées (…) du sarcasme indigent. De l’humour aigre. » Heureusement, il y a «  les larmes des autres qui tapissaient notre douleur, la matelassaient en quelques sortes » et ce livre, qui loin de donner un sens à cette perte sidérante, permet de prolonger le souvenir, en nous le faisant partager. « Écrire, c’est te prolonger ».

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire